Barack Obama : les romans lui ont appris le sens de la citoyenneté

Clément Solym - 30.10.2015

Edition - International - Barack Obama - romans citoyen


Les jeunes générations sont sans cesse mises en garde contre les horribles dangers de la lecture. Mais le président Obama va contre les idées reçues : dans un entretien avec Marilynne Robinson, le POTUS est revenu sur l’importance des livres. Et tout particulièrement pour lui, qui a été particulièrement édifié par ses lectures.

 

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domaine public

 

 

« Quand je pense à la manière dont je comprends mon rôle en tant que citoyen, mettant de côté le fait d’être président, et toute l’importance dans la compréhension de ce que j’accorde à cette place de citoyen, ce que j’ai appris de primordial, je pense l’avoir reçu des romans », assure Barack Obama. 

 

« C’est en lien avec l’empathie. Cela permet d’être à l’aise avec l’idée que le monde est complexe et contient des nuances grises, mais qu’il y a une vérité à trouver, et que vous devez faire des efforts pour cela et y travailler. Et l’idée qu’il est possible de se connecter un peu avec quelqu’un, même s’il est très différent de vous. »

 

Dans une récente étude, menée par le cabinet Pew Research, on apprenait que 28 % d’Américains n’avaient pas lu un seul ouvrage au cours des 12 derniers mois. Avec, pourtant, une once d’espoir : la jeune génération des 18/29 ans semble portée sur les livres : 80 % des répondants avaient ouvert au moins un titre contre 71 % des 30/49 ans.

 

Barack Obama, au cours de ses deux mandats présidentiels, n’a jamais manqué une occasion d’être pris en photo ou filmé dans une librairie. Succédant à GW Bush, il ne lui était guère difficile de se présenter comme un lecteur et amateur de livres. Mais il a tenu ce rôle – peut-être d’autant plus facilement qu’il avait publié plusieurs ouvrages devenus des best-sellers. 

 

Selon lui, le problème de l’Amérique, vis-à-vis des livres, n’est pas que ses contribuables ne lisent pas. C’est que le monde ne voit souvent pas plus loin que le bout de son nez dans les lectures. « Ils lisent des choses qui confortent leur point de vue. » Et de la sorte, il manque un phénomène d’entraînement, qui constituerait un socle global de lectures partagées, connues de tout, et dont on puisse parler. 

 

Bien entendu, la télévision peut remplir ce vide en matière de prescription. « Mais nous ne disposons pas de suffisamment de référentiels communs », relève le POTUS. Dans un monde où l’accent est porté tant sur le sensationnel que le scandale, les Américains vivent sur des informations futiles. Ce qui est conflictuel attire l’attention, et jette « un certain pessimisme sur le pays ». 

 

Selon lui, les voix paisibles qui racontent des choses positives ne sont pas entendues. Le goût du public n’est pas porté vers ces expressions... 

 

Dans le jeu des questions-réponses, le POTUS s’est également lancé dans un questionnement, adressé à Marilynne Robinson, elle-même auteure. S’inquiète-t-elle de ce que les gens lisent généralement moins ? « Je ne suis pas vraiment la bonne personne [pour poser la question] – parce que je parle presque toujours avec des gens qui aiment les livres. » 

 

(via The New York Review of Books)


Pour approfondir

Editeur : Galaade
Genre : acculturation
Total pages :
Traducteur :
ISBN : 9782351760734

L'intraitable beauté du monde ; adresse à Barack Obama

de Édouard Glissant

Toute l'oeuvre d'Edouard Glissant a appelé de ses voeux un événement comme celui qui vient de se produire aux Etats-Unis : Barack Obama est l'incarnation de ce qu'il nomme depuis trente ans la " créolisation " du monde. Son élection est un fait sur lequel on ne peut désormais plus revenir. Qu'est-ce que Barack Obama fera de cette victoire ? C'est aujourd'hui impossible à dire. Dans cette lettre ouverte écrite un an après Quand les murs tombent, Edouard Glissant et Patrick Chamoiseau s'adressent au 44e président des Etats-Unis, premier Africain-américain à accéder à la Maison Blanche, et appellent à une réflexion entre poétique et politique sur ce que pourrait être demain l'action d'Obama, président de la première puissance mondiale.

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