Barack Obama , président écrivain, annonce le renouveau culturel

Clément Solym - 07.11.2008

Edition - Société - ecrivain - culturel - renouveau


Toni Morrison, prix Nobel de littérature avait été contactée l'hiver dernier par Barack Obama, alors sénateur, qui lui demandait son appui dans la course contre Hilary Clinton. Le parti démocrate devait élire son candidat et toutes les voix favorables étaient bonnes à prendre.

Leur conversation se déroula par téléphone. « Il a commencé à me parler des livres que j'avais écrits », explique-t-elle, et de l'influence qu'ils avaient eue sur lui. « Et j'ai lu son livre [Dreams From My Father]. J'ai été étonnée par son écriture, son analyse, sa réflexion, et sa capacité à tourner les phrases. Très impressionnée, même. Ce n'était pas une simple biographie d'homme politique. »

Car pour Toni, Obama ne sera pas simplement le premier président métis, ni même celui qui aura rassemblé une majorité d'auteurs. Obama est un homme de lettres, de mots, qui sait écrire.

Une vision que rejoint Jane Smiley, détentrice d'un Pulitzer : « Quand j'ai écouté le discours d'Obama de mardi soi, j'ai été convaincue qu'il l'avait lui-même écrit et que, dès lors qu'il disait quelque chose, il y croyait réellement et il l'avait examiné. » Et ce n'est pas la première fois que l'on constate cette faculté chez Obama, ce je-ne-sais-quoi de littéraire et d'authentique, débarrassé d'une certaine rhétorique politicienne si coutumière.

« Avoir un président écrivain - et je ne veux pas parler d'un auteur publié, mais d'un homme qui sait la valeur des mots - fait que je ne me sens plus comme un écrivain habitant aux États-Unis, mais un écrivain américain », ajoute Jonathan Safran Foer.

Si les ventes de ses livres ont eu un succès qui va aller en grandissant, on le constate jusqu'en Écosse, nombre d'auteurs du pays saluent ainsi l'avènement d'un homme pour qui les mots ont une valeur intrinsèque, littéraire et profonde. Les années Bush permettent de mesurer la valeur que le peuple accordait dans son ensemble aux arts et la culture, probablement à l'aune de ce que le président reflétait : l'ouverture d'Obama est porteuse d'un espoir dans ce domaine, que l'on aurait tort de négliger...