Barack Obama répond aux libraires, sans citer Amazon

Antoine Oury - 29.08.2013

Edition - International - Barack Obama - Amazon - librairies américaines


Fin juillet, le président américain avait soulevé une vague d'indignations chez les libraires américains suite à la visite organisée chez Amazon, dans un entrepôt de Chattanooga. En plus des critiques nombreuses de la profession, une lettre de l'Association des libraires américains, signée de la main de son président Oren Teicher, avait été envoyée à l'adresse de Barack Obama.

 

 

 

Oren Teicher, président de l'ABA

 

 

Dans sa lettre ouverte postée le 8 août dernier, soit une grande semaine après la visite d'Obama au sein de l'entrepôt Amazon de Chattanooga, Oren Teicher partageait une estimation selon laquelle 42.000 emplois auraient été détruits par le site de e-commerce, sur la seule année 2012. Par ailleurs, 10 millions $ d'impôts n'auraient pas été réglés par le géant, adepte des tactiques fiscales.

 

Dans sa réponse, Obama contourne largement toutes ces questions, et aborde la question par un autre biais, en rappelant tout le soutien qu'il a pu apporter, et qu'il apportera encore, aux commerces de proximité. « Des hommes et des femmes de tout le pays m'ont parlé des petits commerces de l'Amérique, et je me suis impliqué pour créer un environnement propice pour le développement et la prospérité de ces créateurs d'emplois » écrit le président pour débuter sa lettre.

 

Obama revient sur la crise économique de 2008, et ses implications pour les petits commerces : générant 2/3 des emplois du secteur privé national, il était impératif pour son administration de les préserver. « En 2010, j'ai signé le Small Business Jobs Act » : une loi fédérale instituant la création d'un fonds d'aide aux petits commerces, avec près de 30 milliards $ disponibles via les banques locales. D'après Obama, près de 100 milliards $ auraient été prêtés aux entreprises.

 

Le président poursuit sur plusieurs paragraphes la rétrospective de ses actions, passant notamment par les emplois aidés au sein des start-ups, la réduction des taxes ou sa fameuse couverture santé à destination des salariés, rendant la lettre plutôt impersonnelle, liens vers des sites Internet pour plus d'informations compris. « Je continuerai à faire tout ce qui est en mon pouvoir pour m'assurer que l'Amérique reste le meilleur endroit sur Terre où transformer une bonne idée en commerce florissant », termine le président, sans que l'on sache vraiment s'il pense aux librairies ou à Amazon.

 

Évidemment, les réactions n'ont pas tardé, et Steve Fischer, président de l'Association des libraires indépendants de Nouvelle-Angleterre, n'a pas caché sa déception : « La lettre ne prétend même pas avoir lu notre missive », a-t-il déploré. Par ailleurs, le président a essuyé une série de critiques après n'avoir pas su mobiliser un peu de temps pour faire du shopping localà Martha's Vineyard, petite île du Massachusetts où il a passé ses vacances en famille. 

 

« Après la décision du DoJ sur le prix des ebooks clairement en faveur d'Amazon, la visite d'Obama dans leur entrepôt de Chattanooga, et maintenant pas une seule visite dans les librairies indépendantes de Martha's Vineyard pendant ses vacances, je crois que nous ne sommes vraiment pas en plein "Summer of Obama Love" » a déclaré Fischer.

 

Bradley Manning attend sa réponse avec impatience, lui aussi...