Barack Obama, un effet Oprah Winfrey ou Goncourt sur les livres

Clément Solym - 19.11.2008

Edition - Société - Barack - Obama - Oprah


Lors d'un passage sur la chaîne CBS, durant l'émission 60 Minutes, dimanche dernier, le récent président des États-Unis a évoqué un nouveau livre traitant des 100 premiers jours de F.D.R., alias Franklin D. Rossevelt, en référence à son premier mandat, en 1933. Aucun autre détail donné par Obama, mais au cours du lundi, tout le monde voulait savoir ce que le président futur avait lu.

Beacoup auraient voulu être élus

Sur toutes les sorties du moment, trois livres répondaient aux minces indices laissés durant l'émission, F D R: The First Hundred Days d'Anthony J. Badger, Nothing to Fear: F D R’s Inner Circle and the Hundred Days That Created Modern Americ d'Adam Cohen et celui de Jonathan Alter, The Defining Moment: F D R’s Hundred Days and the Triumph of Hope, paru en 2006. Ce dernier atteste d'un phénomène troublant : « J'ai reçu un tas d'emails de la part d'amis surexcités qui me disaient qu'Obama avait mentionné mon livre, avec une foule de points d'exclamation. »

mais peu furent appelés

Le mystère persiste et la foule s'impatiente : on veut savoir ce que lit Obama, et ce n'est que le lundi soir que le porte-parole explique que le livre est en fait deux livres, une biographie du président de Jean Edward Smith et celui de M. Alter. Pour ce dernier, journaliste pour Newsweek, c'est une bonne chose, « nous allons avoir un président qui s'intéresse à l'histoire ».

Ainsi, le livre de Badger qui n'avait été publié qu'à moins de 5000 exemplaires, est alors reparti pour une réimpression à 5000, après que son éditeur a constaté une augmentation de la demande chez Barnes & Noble suite à l'interview du président. Mais le mal était fait et la traînée de poudre Obama n'allait pas tarder à exploser : le public américain voulait lire la même chose, et l'agitation chez les libraires a été largement constatée.

Excitation chez les éditeurs : Obama = prix littéraire ?

Mais ce fut presque pire chez les éditeurs, qui tiraient des traits sur la comète, espérant être l'élu, et profiter de l'engouement pour voir les ventes décoller. Exactement comme un prix littéraire peut propulser les ventes, ou comme Oprah Winfrey aux États-Unis peut avoir une influence monstrueuse en élisant un livre à son club de lecture.

Un président qui dispose de ce pouvoir de faire grimper instantanément les ventes, avec des livres culturels ou historiques ? Les éditeurs ne s'en plaindraient pas... En France, ce n'est pas tout à fait comme ça que ça marche...