Barbara Goldsmith, figure du Nouveau Journalisme, est décédée

Orianne Vialo - 29.06.2016

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Barbara Goldsmith, née Barbara Joan Lubin, rédactrice en chef du New York magazine et auteure du best-seller Little Gloria… Happy At Last (1980, éd. Alfred A. Knopf) a tiré sa révérence dimanche dernier à son domicile (Manhattan) des suites d’insuffisance cardiaque. Elle était âgée de 85 ans. Son ouvrage majeur dépeint l’affaire « Gloria Vanderbilt », qui avait fait les gros titres dans les années 30. À la suite de la mort du père de Gloria, la grand-mère de la fillette refusait que sa petite-fille reste sous la garde de sa propre fille. 

 

(Barbara Goldsmith / CC BY 3.0)

 

 

Barbara Goldsmith a vu le jour le 18 mai 1931 à New York. Fille du fondateur du cabinet comptable Eisner & Lubin, Joseph Lubin et d’Evelyn Cronson, ex-institutrice, elle passe une grande partie de sa vie à New York. Après avoir obtenu son baccalauréat à la New Rochelle High School, elle étudie à l’université privée Wellesley College, où elle obtient un bachelor en anglais et en histoire de l’art en 1953. Elle suit dans la foulée des cours d’art à l’université de Columbia et se marie avec le banquier C. Gerald Goldsmith. 

 

Journaliste, Barbara Goldsmith a également occupé le rôle de rédactrice en chef pour le magazine Woman’s Home Companion. Restant fidèle à sa formation d’origine, l’écrivaine s’est attelée à créer une section « divertissements » dans les pages du périodique, interrogeant au passage les stars incontestées de l’époque comme Audrey Hepburn, Cary Grant ou encore Clark Gable. Plus tard, elle travaillera pour le journal Town & Country, un magazine mensuel américain centré sur le style de vie, où elle lance encore une fois une rubrique intitulée « The Creative Environment » qui lui permet d’interviewer les grandes figures du monde des arts, comme Pablo Picasso ou Marcel Breuer.

 

C’est à la même époque qu’elle intègre l’équipe du magazine The New York Herald Tribune, et qu’elle achètera les droits du nom du supplément dominical de l’entreprise, appelée New York, mais transformé en New York magazine, un hebdomadaire new-yorkais diffusé toutes les deux semaines, pour la coquette somme de 6.500 $. Elle en deviendra la rédactrice en chef. 

 

Ce n’est que plus tard qu’elle se lance dans l’écriture, avec son premier ouvrage intitulé The Straw Man (éd. Farrar, Straus & Giroux, 1975), un roman axé sur le monde de l’art new-yorkais.

 

Également auteure de Other Powers : The Age of Suffrage, Spiritualism and the Scandalous Victoria Woodhull (éd. Alfred A. Knopf, 1998) et de Obsessive Genius : The Inner World of Marie Curie (éd. W.W. Norton & Company, 2005), Barbara Goldsmith a souvent vu ses ouvrages bien accueillis par la critique. Au cours de sa carrière, elle a d’ailleurs été récompensée à maintes reprises pour son œuvre. Elle a reçu la croix de chevalier de l’Ordre de la médaille du mérite de la République de Pologne, pour sa contribution à la culture polonaise en 2009, elle a été honorée devant 1000 personnes lors de la cérémonie Lincoln Center, présidée par la Literacy Partners, pour ses réalisations dans le monde des arts. 

 

L’ouvrage qui l’a portée sur le devant de la scène reste incontestablement Little Gloria… Happy At Last, qui est resté en première position du top du New York Times et du Publisher’s Weekly durant des semaines. Son ouvrage a même été adapté en mini-série portant le même nom par le réalisateur britannique Waris Hussein et la National Broadcasting Company (NBC), un des trois grands groupes de télévision et de radio américaines.

 

Elle a également fait partie du groupe de journalistes porté par Tom Wolfe comme les représentants du Nouveau Journalisme américain, dans les années 1970.

 

(via The New York Times