Barcelone, une ville résolument littéraire

Xavier S. Thomann - 23.03.2013

Edition - International - Barcelone - Salon du livre - Jordi Calvo


Cette année, Barcelone est la ville invitée du Salon du livre. Un statut tout sauf usurpé si on considère le nombre de très bons écrivains originaires de la cité catalane, qui ne cesse d'inspirer les auteurs année après année. Trois auteurs étaient présents hier pour discuter de la ville : Javier Calvo, Merce Ibarz et Jordi Bonells. 

 

 

 

 

Ces trois auteurs ont offert au public des points de vue très différents sur la ville, en fonction de leur histoire personnelle et de leur rapport à la ville. Un aperçu tout à fait intéressant sur les différentes facettes d'une ville que tout le monde croit connaître. 

 

Merce Ibarz est romancière et essayiste, elle n'est pas native de la ville puisqu'elle y est arrivée à l'âge de 17 ans dans les années 1970. Elle est donc bien placée pour expliquer les différents changements qui ont lieu ces dernières années, de Franco à la crise financière, en passant par l'installation de la démocratie. 

 

La romancière a expliqué que ce qui l'intéressait, c'était la Barcelone des quartiers. C'est un point crucial dans la mesure où chacun des quartiers est unique. Les changements vécus par la ville sont bien sûr au coeur de cette réflexion. Elle précise à cet égard que « c'est une ville qui ne sait pas exactement quelle est sa place » à force d'offrir au monde des images différentes. Et de conclure : « la ville qu'on connaît n'a que vingt ans. » 

 

Javier Calvo lui n'est pas de la même génération, il est né en 1973 à Barcelone. Écrivain prometteur de la nouvelle génération espagnole et catalane, son thème à lui c'est la ville comme monstre, création protéiforme. Il dit vouloir chercher les racines de ce monstre « créé par les entreprises et les politiciens. » En d'autres termes, avec des livres comme le jardin suspendu, il entend renouveler l'approche littéraire histoire d'offrir « une nouvelle perspective. »

 

Son approche peut se définir par un romantisme noir, un aspect gothique de la part de cet auteur fan de heavy metal, ce qui n'est pas commun chez nos amis les écrivains. Une approche complétée par ce qu'il appelle la « psychogéographie.»

 

Jordi Bonells est un écrivain de Barcelone, mais un écrivain pas tout à fait comme ses confrères, dans la mesure où il ne réside plus dans la ville. Cela fait longtemps qu'il a traversé la frontière pour s'installer en France. Il n'en garde pas moins des attaches avec sa ville natale, où il revient de temps à autre. 

 

Il l'a dit lui-même : « je ne suis pas le mieux indiqué pour parler de ma ville, j'y ai toujours vécu en étranger. » Il précise : « je ne fais que l'observer », avant de lui aussi mettre l'accent sur l'importance de la division entre les quartiers. Quand il résidait à Barcelone, enfant, il ne connaissait que son quartier et celui de ses grands-pères. Il a fallu attendre qu'il soit étranger dans sa propre ville pour découvrir le reste : « je n'ai connu Barcelone que lorsque j'étais à Paris. »