Barnes & Noble, la tête sous l'eau, plonge encore à Wall Street

Antoine Oury - 21.08.2013

Edition - Librairies - Barnes & Noble - Wall Street - Leonard Riggio


Depuis plusieurs semaines, la situation de la chaîne de librairies Barnes & Noble n'est pas des plus enviables. Après le départ précipité du patron William Lynch et des résultats excessivement médiocres des ventes numériques, la chaîne tente de réduire l'écart qui la sépare de ses concurrents. La stratégie du vendeur de livres s'oriente désormais vers l'international, mais l'influence de la société sur le marché est considérablement amoindrie.

 


Barnes & Noble

Une librairie Barnes & Noble à Chicago (Sage, CC BY 2.0)

 

 

La série noire continue pour B&N, avec une chute vertigineuse du cours de l'action de la société à Wall Street. Cotée à 16,67 $, l'action a perdu près de 14 % pour s'arrêter à 14,61 $ : cette chute fait suite aux mauvais résultats trimestriels dévoilés il y a peu par la firme, qui s'arrêtent à 1,3 milliard $ de recettes, et 20 % de bénéfices en moins. Les pertes pour ce trimestre se chiffrent à 87 millions $.

 

Par ailleurs, la décision de Leonard Riggio, fondateur de la chaîne de librairies américaine et président du conseil d'administration, de ne pas acquérir 675 magasins de l'enseigne. Le montant de l'offre qu'il souhaitait faire au conseil d'administration n'a pas été dévoilé, mais ce même conseil semblait exiger au minimum 1 milliard $ pour considérer une offre de rachat. Riggio est actuellement directeur exécutif de Barnes & Noble, après la démission de William Lynch en juillet dernier.

 

Pour expliquer ces résultats en baisse (pour la même période l'année dernière, les recettes s'arrêtaient à 1,45 milliard $), la chaîne de librairies a souligné l'absence de best-sellers à la hauteur de Hunger Games et Fifty Shades of Grey, mais le versant numérique de son activité commerciale n'arrange pas non plus ses affaires. La firme chercherait d'ailleurs à étendre son partenariat avec Microsoft, qui possède actuellement 17,6 % de sa filiale numérique Nook Media.

 

Pour rattraper les déceptions de ses ventes numériques, aussi bien en termes de contenus que d'équipements, la firme a considérablement réduit le prix de ses lecteurs ebook Nook. Au Royaume-Uni, la firme a ainsi fixé le prix du Nook Simple Touch à 29 £, une réduction de 50 £ par rapport au prix habituel. Si les ventes ont été multipliées par 120, la demande a été trop importante pour Barnes 1 Noble, et nombre d'acheteurs intéressés se sont plaints des stocks insuffisants.

 

L'Advertising Standard Authority (ASA), autorité chargée de veiller à la véracité des campagnes publicitaires, s'est inquiété d'une infraction au code de la publicité, qui stipule que « les annonceurs doivent être capables de prouver que l'estimation de leur stock a été raisonnable en regard de la réponse qu'il pouvait donner à la demande, et de leur capacité à satisfaire cette dernière ». Une simple critique, pour le moment, mais la société est désormais sous surveillance quant à ses activités commerciales au Royaume-Uni.