Barnes & Noble, Wikipedia, Facebook : agents pornographiques

Nicolas Gary - 04.04.2013

Edition - International - pornographie - moralité - probité


« O tempora, O mores », s'indignait Cicéron face à Catilina. Eh bien, outre-Atlantique, le chien de garde de la morale conservatrice, l'organisation à but non lucratif et reposant sur une foi inébranlable (hem !) en la justice divine, vient de présenter son rapport des plus grands diffuseurs de pornographie. Morality in Media s'est fait un devoir de défendre le peuple contre toute manifestation de ce genre. Et ça bosse dur...

 

 

Les enfants sont victimes d'une culture pornographique, les écoles et les bibliothèques sont des lieux d'indécence, la société est corrompue par le stupre et la fornication, tout part à vau-l'eau, ma bonne dame. Et le top 12 de ces agents du démon, qui véhiculent et facilitent la vie de contenus pornographiques sont enfin révélés au grand jour.

 

Honte sur eux : de leurs actes, ou de leur simple existence, l'Amérique est souillée.

 

La Dirty Dozen List des individus et des organisations commence par le procureur général Eric Holder, accusé de refuser d'appliquer les lois relatives à l'obscénité sur les livres et l'industrie du film pour adultes. Ce dernier aurait même dissous le bureau chargé de l'exécution de ces lois, explique le président de l'organisation, Patrick A. Trueman, dans son communiqué. 

 

C'est qu'en 2011, le procureur a fait fermer le bureau monté par le président Bush junior, qui était chargé de poursuivre les distributeurs de produits pornographiques. Et finalement, en accusant le procureur, c'est le président Obama que l'on met en cause, puisque depuis sa prise de fonction, et sa réélection, le secteur est en plein essor, promet MiM. 

 

Ce qui devient plus velu, c'est que l'on retrouve dans la liste des organisations dont on peine à croire qu'elles puissent faciliter l'accès à des contenus pornographiques, voire inciter à leur consommation. 

 

Pourtant, l'American Library Association est sur le ban des accusés : cette organisation, dotée de milliers de boutiques relayant la parole du Tentateur, expose « de la pornographie adulte hardcore et de la pornographie enfantine (sic !), y compris sur les ordinateurs des établissements ». 

 

De son côté, la chaîne de librairie Barnes & Noble est « un fournisseur majeur de pornographie adulte et d'érotisme enfantin », poursuit le MiM, probablement la bave aux lèvres et la rage au coeur. « Deux douzaines de magazines pornographiques sont actuellement en vente dans un magasin que nous avons contrôlé au hasard », poursuit, avec une rigueur scientifique sans appel, le MiM. 

 

Évidemment, Wikipedia, l'encyclopédie en ligne, n'échappe pas à la liste : le site héberge de la pornographie juvénile, sur des entrées d'articles, et malgré ce contenu, les responsables refusent de surveiller le site, ou d'apposer des avertissements présentant le fait que du contenu pour adultes est présent. 

 

Google Play, les Hôtels Hilton, ou encore Facebook... et même le Département de la défense comptent dans la liste, à découvrir à cette adresse