medias

Baromètre auteurs/éditeurs : les contrats plus satisfaisants, les relations un peu moins

Antoine Oury - 12.03.2018

Edition - Les maisons - Barometre auteurs editeurs - barometre SGDL Scam - contrats édition droits


À quelques jours d'une nouvelle édition du salon du livre de Paris, la Société des Gens de Lettres et la Société civile des auteurs multimédias publient ensemble le 7e Baromètre des relations auteurs/éditeurs. Avec des progrès notables, comme les contrats, qui obtiennent la satisfaction d'un plus grand nombre d'auteurs. Néanmoins, les relations restent difficiles avec les éditeurs, tandis qu'un quart des auteurs seulement touche un pourcentage de droits d'auteur égal ou supérieur à 10 %.


Plume pas mon auteur
(photo d'illustration, ActuaLitté, CC BY SA 2.0)


 

Pas mal, mais peut encore mieux faire : c'est un peu le ton de ce 7e baromètre des relations auteurs/éditeurs, présenté sous le titre « Un monde perfectible » par la Scam et la SGDL. Quelques jours après la mobilisation des auteurs sur les réseaux sociaux autour du hashtag #PayeTonAuteur, et ce que ce mouvement révèle de la condition économique des intéressés, ce rapport tombe à pic pour embrasser la situation avec quelques chiffres.

 

Le premier, et non des moindres, concerne les relations avec les éditeurs : « 29,2 % à avoir des relations non satisfaisantes, voire conflictuelles avec certains ou la majorité de leurs éditeurs et 8 % avec tous leurs éditeurs. Ils sont également 22,2 % à déclarer n’avoir des relations satisfaisantes ou excellentes qu’avec certains de leurs éditeurs. À l’inverse, 20,2 % déclarent des relations satisfaisantes ou excellentes avec la majorité de leurs éditeurs et 20 % avec tous leurs éditeurs », indique le baromètre, qui ne cache pas que le chemin est encore long.

 

Seuls 10 % des auteurs ne travaillent qu'avec un seul éditeur, et 48 % en ont entre 2 et 5. En progression notable, la satisfaction des auteurs vis-à-vis de leur contrat atteint 64 % d'entre eux, qui attribuent une note de 6 à 10 à ce point. Ils étaient 58 % en 2015, précise le baromètre. 

 

Des difficultés économiques marquées

 

Paradoxalement, des points précis de ce contrat font encore l'objet de difficultés : plus de la moitié des auteurs (52 %) ne sont ainsi pas informés des nouvelles dispositions concernant l'exploitation numérique des œuvres, et la possibilité pour l'auteur de réclamer plus facilement ses droits — 11 % des auteurs ont toutefois eu recours à ces dispositions.

 

47,1 % des auteurs assurent que les contrats pour l'exploitation au format papier de leurs œuvres sont clairs et explicites, un chiffre qui tombe à 19,7 % et 17,5 % pour les droits numériques et les produits dérivés... Par ailleurs, la moitié des auteurs (53 %) signent un contrat d’adaptation audiovisuelle au moment de la signature du contrat d'édition, alors même que cette signature n'est pas obligatoire, comme le rappellent Scam et SGDL.

 

Pourquoi faut-il négocier ses droits audiovisuels ?

 

Autre point brûlant de ce baromètre, la rémunération, le plus souvent par un pourcentage de droits d'auteur sur le prix public du livre : « [L]e taux de 10 %, le plus souvent cité, ne l’est finalement que par 24 % des auteurs. Il est suivi par le taux de 8 % (22 % des auteurs) et, surtout, les deux tiers d’entre eux (68 %) déclarent, comme en 2015, un taux de rémunération inférieur à 10 %. Le taux moyen pour l’exploitation papier ne s’élève donc qu’à 7,2 % », indique le rapport. Pour l'exploitation numérique, le taux moyen est de 11,1 %.

 

Qui plus est, des disparités perdurent entre les auteurs : si les auteurs de romans touchent un pourcentage moyen de 8,5 %, il plafonne à « 5,2 % pour la catégorie “Jeunesse” sachant qu’il s’agit du taux moyen de droit d‘auteur par auteur, et non par livre puisqu’il y a le plus souvent plusieurs coauteurs. Pour cette catégorie, le taux le plus souvent cité est 3 % (26 % des auteurs) dans le cas d’ouvrages à deux coauteurs, et de 6 % (16 % des auteurs) dans le cas d’ouvrages à auteur unique », indique le baromètre. Le taux moyen est de 8 % pour la BD et de 7,7 % pour le document et l'essai.

 

35 % des auteurs exercent uniquement ce métier, et 65 % exercent parallèlement un autre métier, majoritairement lié à l’activité d’écriture (71 %). 44 % des auteurs signalent que leur situation matérielle s'est détériorée, « une tendance lourde qui était déjà présente lors des derniers baromètres », soulignent Scam et SGDL.

 

Des points du contrat parfois opaques

 

Une certaine opacité perdure dans les contrats et liens entre auteurs et éditeurs : ainsi, un quart des auteurs ont eu connaissance de traductions de leurs livres à l’étranger sans en avoir été informés au préalable par leur éditeur, et 52 % des auteurs n’ont jamais reçu de droits lorsque leurs œuvres ont été exploitées à l’étranger. Si le chiffre est en diminution, il reste problématique, comme le note le rapport. 25 % des auteurs n'ont pas été informés d'une mise au pilon de leurs livres, 20 % à ne pas avoir connaissance d'une exploitation numérique et 11 % d'une offre d'impression à la demande.

 

57 % des auteurs reçoivent désormais une reddition des comptes, qui détaillent les droits des différents livres publiés, mais 60 % d'entre eux doivent toujours la réclamer. 63 % constatent qu’elles ne sont ni claires ni complètes chez aucun de leurs éditeurs ou seulement chez certains d’entre eux, et notent un manque d'informations flagrant.

 

54 % des auteurs sont satisfaits de la diffusion de leur livre, en progression, tout comme le pourcentage d'auteurs satisfait de la promotion : 45 % d'entre eux le sont, contre 37 % pour le dernier baromètre. De même, « [l] es auteurs sont de plus en plus satisfaits de la relation avec leurs éditeurs quand elle touche à son aspect créatif », peut-on lire dans le rapport. « Le taux de satisfaction est passé de 53 % en 2010, à plus de 62 % en 2015 et à 68 % pour l’édition 2018. »

 

Comprendre le travail de l'auteur : le salaire et la peur

 

En matière de gestion collective, 66 % des auteurs perçoivent une rémunération au titre du droit de prêt en bibliothèque, dont 17 % via la Scam, 70 % via la Sofia et 11 % via les éditeurs. 50 % ont perçu des droits de reprographie et 41 % des droits pour la copie privée numérique, dont 22 % via la Scam. En matière de gestion collective volontaire, ils sont 17 % à avoir perçu des droits audiovisuels ou radiophoniques (à 62 % via la Scam) et 10 % des droits d’adaptation théâtrale.

Le rapport complet est disponible ci-dessous et à cette adresse.

 

 




Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.