Bayard Presse contre YouTube : un manque de réactivité

Clément Solym - 21.07.2009

Edition - Société - Bayard - Presse - YouTube


Revenant sur la condamnation de l'hébergeur YouTube, qui a perdu son procès face à Bayard Presse, écopant de 60.000 € de condamnation pour la diffusion de vidéos de Petit Ours Brun, nous avons contacté Bayard Jeunsse, qui nous a donné quelques éléments sur cette affaire.

Faire respecter le droit et l'image

Ce qui a étonné l'éditeur, c'est tout d'abord le manque de réactivité de YouTube : « Quand on formule la demande de retrait d'une vidéo, normalement, tout se passe bien », nous dit-on, mais dans ce cas précis, c'est justement la passivité de l'hébergeur qui aura pesé lourd dans la décision du juge. « Bien sûr, nous effectuons une veille sur les réseaux, et nous faisons respecter nos droits quand cela est nécessaire, c'est-à-dire que soit les droits d'auteurs ne sont pas respectés, soit que la situation porte atteinte à la marque. »

La non-réaction de YouTube lui aura coûté tout de même 40.000 € : dommage qu'ils n'aient pas pris le temps de vérifier leur courrier, tout de même. « En l'occurrence, ici, le problème est double : si l'on trouve des vidéos à nous chez des hébergeurs, cela entre en conflit avec l'optique de développement de notre portail, Bayard Kids. Nous y proposons des vidéos de Petit Ours Brun, SamSam et d'autres. Comme nous mettons en place un modèle économique, à travers ce site nous devons également le défendre. Mais en 2007, quand la plainte a été déposée, le site Bayard Kids n'existait pas, aussi n'y avait-il que la violation du droit d'auteur. »

Bayard Kids, nouveau support, 2.0


Et alors, justement, cette plateforme de Bayard Kids, ne migre-t-elle pas doucement vers une sorte de Web TV Bayard ? Pas tout à fait, nous répond-on, mais l'éditeur cherche à mettre en place une association tournée vers le service, concrètement, le logiciel, allié au contenu, la partie éditoriale. Diffuser des vidéos, c'est alors répondre à une demande de la part des jeunes internautes, et des parents, qui cherche une sécurisation et une qualité, comme ce peut être le cas dans les publications de Bayard Presse. « Il s'agit d'un transfert de services, vers le net, à destination de notre public, qui vient aujourd'hui y chercher ce qu'il avait auparavant avec les magazines », conclut l'éditeur.

Dommage, la Web TV Petit Ours Brun, ça nous aurait fait passer le temps, à la rédaction... Ah, nostalgie...

Maintenant, on se pose la question : à partir de quand la décision du tribunal sera-t-elle appliquée ? Parce que le ménage va encore devoir être fait...