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BDS dénonce la collusion entre Hewlett Packard et l'apartheid d'Israël

Nicolas Gary - 21.05.2017

Edition - International - Hewlett Packard Israël - salon du livre de Turin - boycott produits Italie


#salto30 – L’affaire est entendue : pas de bon salon du livre sans une polémique. En cette veille de fermeture, ce sont les membres de BDS Italia qui ont choisi le salon de Turin pour diffuser des tracts. Rien de bien agressif — et même une certaine retenue — alors que le sujet est des plus sensible. C’est la firme Hewlett Packard qui est spécifiquement ciblée, accusée de «collaborer avec l’occupation israélienne».



 

 

Boycott, Désinvestissement et Sanctions est une organisation bien connue pour ses prises de position sur la question israélo-palestienne. On se souvient qu’en 2014, avec d'autres organisations, ainsi que le soutien d'auteurs, BDS avait sévi contre le partenariat entre le Festival de la BD d’Angoulême, et Sodastream. Implantée en Palestine, l’entreprise est tombée sous le coup d’une pression globale demandant le retrait du sponsoring accordé à la manifestation. Bim.
 

BDS Italia profite de Turin et de sa visibilité


En Italie, depuis mai 2016, BDS mène une campagne contre HP, dénonçant la position de ce géant des technologies, « largement présent sur le marché italien avec des imprimantes, des ordinateurs portables, des tablettes, ainsi que d’accessoires et autres outils informatiques ». Sauf que, ajoute BDS Italia, « tout le monde ne sait pas que HP est aussi complice de la brutale occupation israélienne de la Palestine, d’une discrimination à travers l’apartheid, et de violations des droits de l’Homme et du droit international, que commet Israël ». 

 

Et de lister par le menu les différents griefs contre la marque : 

HP collaborerait avec l’occupant israélien, en livrant des outils technologiques qui servent aux forces armées ;

alimenterait le système BASEL, qui sert à l’identification biométrique et la reconnaissance faciale, que l’on retrouve aux postes de contrôle empêchant la libre circulation des Palestiniens ; 

constituerait une base de données qui enregistre l’ensemble des populations israéliennes et palestiniennes, en fonction d’appartenance ethnique et de nationalité – favorisant donc une discrimination contre les non-juifs

s’occuperait des installations et des équipements dans les prisons israéliennes, où sont détenus en violation du droit international, des prisonniers politiques palestiniens.

 



 

Et BDS de conclure : « HP est également actif dans les colonies illégales de Cisjordanie, par l’intermédiaire de centres de développement en partenariat avec des entreprises du service public et technologique qui y sont implantées. Ceci contribue à l’industrialisation dans les colonies, un des plus grands obstacles à la fin de l’occupation et au développement de la Cisjordanie. » (voir sur le site BDS Italia)
 

Notons toutefois que BDS fait régulièrement l’objet de critique quant à certains de ses soutiens — le Canada avait d’ailleurs adopté majoritairement une motion condamnant le mouvement. Un des militants qui tracte devant le salon nous précise par ailleurs : « Les actions contre HP s’effectuent toutefois au niveau mondial depuis des années : à Turin, nous profitons avant tout d’une occasion pour sensibiliser le public italien, qui vient en foule à cette manifestation. »