Belgique : censure et intimidations en réponse à Question(s) royale(s)

Clément Solym - 07.11.2012

Edition - International - Belgique - Question(s) royale(s) - Frédéric Deborsu


Le journaliste Frédéric Deborsu s'attendait à ce que les révélations de son ouvrage consacré à la famille royale de Belgique suscite quelques remous dans le pays, où le roi Albert II dispose encore d'une aura significative. Depuis sa parution, Question(s) royale(s) a déjà valu à son auteur une interdiction de débat, ainsi que quelques intimidations à son éditeur, Renaissance du livre.

 

Belgique - 21 juillet 2010 - Le roi Albert II

Albert II, Roi des Belges, saigneurdeguerre, CC BY-NC-SA 2.0

 

Plutôt que son éditeur, c'est d'abord l'employeur de Frédéric Deborsu qui s'est exprimé sur l'affaire Question(s) Royale(s) : la RTBF a ainsi publié un communiqué 4 jours après la parution de l'ouvrage, dans lequel elle rappelle que sa rédaction est « indépendante et responsable ». Un démenti qui fait suite aux accusations d'un autre groupe de médias, Sudpresse, selon lesquelles Deborsu aurait été écarté de la rédaction pendant 1 mois, suite à l'ouvrage polémique. Chose amusante, c'est ce même groupe qui publiait en avant-première des extraits du livre, malgré l'embargo de l'éditeur.

 

Dans ce dernier, le journaliste évoque un entretien avec le roi Albert II, qui lui aurait confié souffrir d'un cancer de la peau et prévoir son abdication pour 2014, au plus tard. (voir notre actualitté) Certes, la profession de foi de la RTBF a tout pour convaincre, mais il n'empêche que le journaliste a été interdit de débat hier, au Cercle de Wallonie.

 

Le journaliste n'a pas bonne presse auprès de ses collègues, puisqu'il aurait révélé des informations confiées sous le sceau de la confidentialité : « Rompre un 'off' préalablement accordé nuit gravement à cette confiance dont la presse a absolument besoin », juge ainsi l'Association des Journalistes Professionnels.

 

Sur le tableau des dommages collatéraux s'affiche également l'éditeur de Questio(s) royale(s), Renaissance du livre, vivement critiqué par le public lui-même. Un appel au boycott s'est ainsi répandu comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux, avec un envoi massif de mails à l'éditeur : « J'espère que de nombreux Belges feront de même et que vous apprendrez ainsi, par une sérieuse baisse de votre chiffre d'affaires, à ne plus publier « n'importe quoi » motivés par le seul appât du gain » est-il écrit en guise de conclusion.

 

Si la maison d'édition craint pour son chiffre d'affaires, surtout à l'approche des fêtes, Question(s) royale(s) pourra probablement l'aider à réparer les dégâts : l'ouvrage fait d'ores et déjà partie des meilleures ventes.