Belgique : le marché du livre francophone baisse (encore) en 2016

Bouder Robin - 21.06.2017

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Mauvaise nouvelle pour le livre francophone belge. À la demande du Service général des lettres et du livre de la Fédération Wallonie-Bruxelles, l'association des éditeurs belges de langue française (ADEB) vient de fournir les chiffres se rapportant au marché du livre de langue française en Belgique pour l'année 2016. Résultat : une décroissance par rapport à 2015, et un chiffre d'affaires en majorité réalisé par l'export d'une part et le numérique d'autre part.

 

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fdecomite (CC BY 2.0)



L'association des éditeurs belges de langue française (ADEB) vient de publier son bilan annuel sur le marché du livre en langue française en Belgique, et les résultats ne sont pas très bons. Depuis 2010, et mis à part une légère croissance en 2015, le livre francophone belge est en mauvaise posture et les ventes représentent une somme d'argent de moins en moins importante : en 6 ans, ce marché est passé de 264,313 millions € à 240,016 millions €, soit une baisse de 10 %.

 

La part des éditeurs belges de langue française dans le marché du livre se porte de moins en moins bien également : alors que leur chiffre d'affaires s'élevait en 2013 à 141,86 millions €, en 2016 ce chiffre n'atteint plus que 129 millions €, dont 60 % sont réalisés grâce à l'exportation. Et de fait, les éditeurs belges comptent beaucoup sur l'étranger pour soutenir leurs ventes...

 

Par ailleurs, si le livre belge prend de moins en moins de place sur le marché, l'importation de livres étrangers et notamment français, elle, croît d'année en année. Leur part représente ainsi 74 % du marché du livre francophone belge en 2016, contre 72,5 % en 2015 et 69,1 % en 2010, et repose sur la littérature générale, les beaux livres et la littérature jeunesse en majorité.

 

Du côté des livres belges, les ventes sont en grande partie réalisées grâce aux ouvrages universitaires ou scolaires, mais surtout aux bandes dessinées, qui représentent 53,7 % de la production (67,22 millions €) ; les domaines dans lesquels l'activité éditoriale en Belgique se concentre sont donc très ciblés, même s'il s'agit de secteurs qui sont de plus en plus intégrés à de grands groupes internationaux. Ces données ne permettent donc que difficilement de distinguer les maisons d'édition belges et étrangères, comme le fait remarquer le rapport.

Au niveau des points de vente, les grandes surfaces non spécialisées accusent une baisse importante de leur chiffre d'affaires (- 8,9 % par rapport à 2015), contrairement aux librairies de 2e niveau, qui vendent majoritairement des titres de presse, qui ont vu leurs ventes augmenter de 6,9 % en un an. Fait important, Internet occupe de plus en plus de place auprès des lecteurs, y compris pour ce qui est des ventes de livres : alors qu'en 2015-2016, 36 % des lecteurs de livres papier effectuaient leurs achats de livres en ligne, ce nombre est monté à 45 % pour la période 2016-2017.

 

OVNI, la librairie belge et minimaliste qui met en boîte


Et si le papier occupe toujours la part la plus importante des ventes, c'est bien dans le numérique que le livre belge trouve peu à peu sa voie. Entre 2015 et 2016, le chiffre d'affaires numérique a augmenté de 31,5 %, toutes langues confondues, et représente aujourd'hui 25,1 % du chiffre d'affaires total (papier et numérique), près de 60 millions €. À côté, le papier régresse, avec une chute de 20 % sur les nouveaux titres parus par rapport à 2015.
 

Luce Wilquin, la plus numérique des maisons belges


Le marché du livre francophone en Belgique ne semble donc pas aller dans le bon sens, et si le numérique et l'export semblent lui apporter une aide considérable, ce n'est pas suffisant pour faire monter les ventes. Pour l'instant ?
 

 

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