Belgique : les librairies incitées à réceptionner les commandes e-commerce

Antoine Oury - 09.01.2019

Edition - Librairies - librairies Belgique - librairies magasin journaux - librairie point colis


En Belgique, le Syndicat Neutre pour Indépendants (SNI) fait état de son inquiétude, et constate que 3 librairies ferment leurs portes chaque semaine dans le pays. Si le terme « librairie » désigne un vendeur de journaux, magazines et revues outre-Quiévrain, le SNI leur conseille d'investir dans la réception de colis e-commerce, pour profiter du trafic et notamment des nombreuses commandes de livres sur Internet.

Une librairie belge (photo d'illustration, Jean-Pol GRANDMONT, CC BY-SA 3.0)


Entre 2016 et 2017, pratiquement trois librairies ont disparu en moyenne chaque semaine, d'après une enquête du SNI basée sur les données du SPF Économie. À la fin de l’année 2008, 4219 librairies étaient encore actives en Belgique, contre 3095 dix ans plus tard, en 2017. « Peu d’autres activités commerciales ont été autant affectées ces dernières années », explique Christine Mattheeuws, présidente du SNI. « À cause de la digitalisation des médias, de l’émergence des jeux de hasard en ligne et des mesures de dissuasion du tabagisme, ce sont les librairies qui paient les pots cassés. »

En effet, contrairement aux libraires français, les libraires belges s'appuient essentiellement sur 3 sources de revenus, les produits de loterie, le tabac et les magazines et journaux. Le livre ne représente qu'une petite partie de leur activité, souvent à travers quelques exemplaires des grands succès du moment : « Certains magasins de journaux peuvent proposer une offre de livres plus importante, selon la demande de leur clientèle », nous précise Christine Mattheeuws.
 

Le e-commerce, avenir de la librairie


Face aux chiffres inquiétants et à la baisse d'activité, le SNI conseille aux libraires belges de se diversifier, et notamment de se tourner vers le e-commerce. « [L]e SNI se montre grandement favorable à la modernisation des librairies d’autrefois en de mini-hubs logistiques, où les personnes pourraient récupérer leurs commandes passées en ligne mais également, dans un stade ultérieur, recourir à d’autres services comme l’enlèvement des vêtements confiés au pressing », indique le syndicat dans son communiqué.

« Les magasins de journaux sont ouverts très tôt, et leur répartition assure encore qu'il s'en trouve un à proximité du domicile ou du lieu du travail, ou sur le trajet entre les deux », explique Christine Mattheeuws. Le SNI met en avant les bénéfices pour le destinataire des colis ou les bienfaits pour l'environnement, en réduisant les parcours des livreurs.

« Si le libraire se trouve dans un quartier où la demande en livre est très forte, cela peut être judicieux de la développer, mais il est généralement plus avantageux d'investir dans le e-commerce, par lequel de plus en plus de livres sont commandés, par ailleurs », souligne Christine Mattheeuws. D'autant plus que, selon la présidente du SNI, les commandes de livres ne sont pas l'apanage d'Amazon en Belgique : « Des magasins de livres indépendants peuvent assurer des commandes, ainsi que d'autres sites web qu'Amazon, heureusement. »
L’indemnisation que les librairies reçoivent pour la réception des colis « reste toujours un point sensible », note le SNI, qui indique qu'« une librairie qui sert de point Poste perçoit en moyenne 50 cents par colis ». Le SNI se réunira à l’avenir avec Bpost, la poste belge, pour évoquer le montant de cette indemnisation, annonce le communiqué du syndicat.


Commentaires
Bonjour,

Je tiens à préciser un point important de votre article "En effet, contrairement aux libraires français, les libraires belges s'appuient essentiellement sur 3 sources de revenus, les produits de loterie, le tabac et les magazines et journaux. Le livre ne représente qu'une petite partie de leur activité, souvent à travers quelques exemplaires des grands succès du moment". En Belgique le terme librairie représente soit une librairie traditionnelle comme en France, soit les librairies présentées dans votre article. Contrairement à ce qu'il est sous-entendu ci-dessus, il existe également des librairies qui ne vendent que, ou essentiellement, des livres et celles-ci ne vendent ni tabac, ni magazine ou ticket de loterie. Ce sont deux métiers et deux types de libraires totalement distincts...
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