Quelles perspectives pour assurer la viabilité des ouvrages ?

La rédaction - 31.08.2015

Edition - Les maisons - édition Belgique - indépendance publication - pouvoirs publics


En marge du dossier que les Éditions Mardaga ont fait paraître dans nos colonnes, l’éditeur belge a souhaité apporter un Post Scriptum. Si les relations entre édition privée et pouvoirs publics sont au cœur des réflexions, restait à envisager le soutien à la publication d’un ouvrage. Un sujet qui mériterait certainement un plus long développement, et qui est ici esquissé, dans ses grandes lignes. 

 

Editions Mardaga

L'équipe des Editions Mardaga - CC BY SA 2.0

 

 

Resterait encore à aborder la question non pas du marché public, mais une question qui lui est directement connexe : celle du soutien de la publication à un ouvrage.

 

Soutien qui n’est accordé qu’aux auteurs et/ou aux plasticiens par exemple, néanmoins conditionné à une perspective de publication auprès d’un éditeur, à charge pour ledit auteur ou plasticien de fournir un dossier incluant budget de l’ouvrage et perspective de diffusion, ce qui n’est pas à proprement parler son métier !

 

Ne serait-il pas plus judicieux, étant bien entendu que l’on parle de projets qui ne pourraient pas exister sans l’aide des pouvoirs publics, de distinguer ici la bourse d’auteur (telles qu’il en existe en littérature générale, jeunesse ou bd) ouverte à tous les secteurs (sciences humaines, documentaire, etc.) et à tous les types d’auteurs ou équipe (pouvant donc inclure un photographe, un iconographe, un illustrateur)

 

Autre enjeu, le soutien à l’éditeur du projet sous forme de subvention conditionnée là aussi à une évaluation de la pertinence du projet et de ses modalités de publication (ce qui éviterait un soutien à d’improbables publications, parfois soyons optimistes, de belle facture, mais peu ou mal diffusées et encore moins vendues...).

 

Reste aussi le soutien à la traduction d’ouvrages de référence en français (aujourd’hui, d’importants ouvrages « nécessaires » sont écartés en raison de l’importance des coûts de traduction, au risque de voir s’appauvrir les catalogues… et les étudiants/chercheurs ou spécialistes/amateurs se contenter de la lecture d’un simple digest en anglais ou en zorglub)

 

Ne serait-il pas également utile de favoriser la mutualisation des ressources et outils entre éditeurs par exemple en spécialisant une personne-ressource sur la négociation de contrats avec les éditeurs étrangers ? Editions Mardaga

 

Évoquons enfin le pré-achat de certains ouvrages : la garantie d’une commande publique peut nous permettre de passer la barre « faisabilité » d’un ouvrage ; si elle nous est acquise avant parution, elle nous permet d’ajuster le tirage en conséquence et d’améliorer la rentabilité de l’ouvrage. Ce pourrait en particulier être le cas des ouvrages qui permettent de renforcer l’image de la Fédération Wallonie-Bruxelles/Belgique à l’étranger (achats par le WBI) ou encore des ouvrages qui renforcent les chaires de français occupées par la FWB dans différentes universités du monde

 

Et en dernier lieu, l'incitation des bibliothèques de la FWB à privilégier les ouvrages publiés par les éditeurs dont le siège social se trouve en FWB (conditions particulières, quota ou…)

 

Ne serait-il pas également utile de favoriser la mutualisation des ressources et outils entre éditeurs par exemple en spécialisant une personne-ressource sur la négociation de contrats avec les éditeurs étrangers ? C’est une spécialisation que peu d’éditeurs ont les moyens de développer en interne et qui pourtant assure le rayonnement de nos auteurs et éditeurs à l’étranger et est pour certains projets la condition sine qua non pour assurer leur viabilité.

 

Éditions Mardaga