Ben Okri accuse son éditeur d'« exagérer son importance »

Clément Solym - 13.02.2012

Edition - International - Ben Okri - Robin Robertson - éditeur


L'écrivain et poète nigérian a répondu aux déclarations de son éditeur Robin Robertson laissant entendre que ce dernier avait réécrit et amélioré une partie des textes du poète. Il s'est dit à la fois « amusé » et « déçu » par celui avec qui il avait travaillé sur Star of the New Curfew, un recueil de nouvelles publié en 1988.


« Quelqu'un qui n'est pas poète ne peut pas éditer correctement un texte poétique » assure Don Paterson, poète et éditeur chez Picador, dans un entretien avec The Telegraph. Une assertion que son poulain Robin Robertson a visiblement appliqué avec ferveur, puisqu'il assure avoir réécrit en tant qu'éditeur une partie du recueil de nouvelles de Ben Okri, Star of the New Curfew.

 

 

« J'espère qu'on ne se rend pas trop compte que c'est écrit par quelqu'un originaire d'Aberdeen » a souligné Robertson en révélant qu'il avait réécrit la plupart des passages en dialecte de Lagos de l'ouvrage signé Ben Okri.

 

« Certains auteurs ont besoin de moi pour leur écrire leurs textes » a poursuivi l'éditeur, histoire de faire court et précis. Une ligne de conduite résolument différente de celle qu'il revendiquait dans un autre entretien, lorsqu'il proclamait n'avoir « pas toujours raison » et fournir uniquement « une vision objective et avisée » sur les textes qui passaient entre ses mains.

 

Ben Okri s'est insurgé contre son ancien éditeur, reconnaissant son mérite, mais soulignant « une tendance à exagérer son importance ». « Il est évident qu'il n'a pas et qu'il n'aurait pas pu réécrire ce dialogue » poursuit-il en se référant aux dialogues de son précédent recueil Incidents at the Shrine, publié deux ans auparavant. « On compatira au cas de Mr Robertson, réduit à s'approprier les réussites des autres » a déploré Okri, qui avait reçu le Guardian Fiction Prize pour Star of the New Curfew.

 

Les livres de Ben Okri, sur Comparonet

 

L'éditeur a contre-attaqué en plaidant le simple exercice de son gagne-pain : « J'ai travaillé sur le texte comme je l'ai toujours fait, et j'ai suggéré quelques changements pour améliorer le tout. La majorité, si ce n'est l'ensemble de ces changements a été appliqué, et le livre a été publié dans les règles de l'art ».

 

La conscience professionnelle a encore frappé.