Benoît Hamon : il faut “se pencher sur la rémunération des auteurs”

Cécile Mazin - 27.01.2017

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Les deux candidats à la primaire de gauche ont brièvement débattu de sujets culturels, lors de leur entretien télévisé du mercredi 25 janvier. C’est Benoît Hamon qui a abordé ouvertement la problématique, soulignant que « l’essentiel des crédits se concentre sur l’île de France ». Et ce, malgré les efforts réalisés.

 

 

 

En 2013, révélait un rapport réalisé par l’Inspection générale des Affaires culturelles, le ministère de la Culture avait attribué 3,335 milliards € aux dépenses d’intervention, autrement dit des aides au fonctionnement attribuées à certains opérateurs. Or, les 2/3 de ces dépenses bénéficient à la région Île-de-France en raison du poids des opérateurs : 85 % de leurs crédits lui sont affectés et 77 % des crédits centraux. Le territoire n'est donc pas non plus favorisé pour des raisons farfelues.

 

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Benoît Hamon avait bien une chose en tête : « Il y a un enjeu fondamental à permettre la démocratisation de l’accès à des biens et des services culturels. Il y a aussi un enjeu fondamental à soutenir l’entrepreneuriat culturel, qui est aujourd’hui riche de nombreux emplois dans un territoire qui continue à être immensément créatif, et innovant », lance-t-il.

 

Mais pour que demain le pays dispose encore de créations à soutenir, il faut « se pencher sur la rémunération des auteurs ». Deux propositions découlent de cette observation.

 

« Au-delà du statut des intermittents, nous réfléchissions au statut des artistes, de façon à ce que chacun de ceux qui créent, de ce qui aujourd’hui innovent dans ce domaine-là, puissent, d’une manière ou d’une autre, voient leur création rémunérée. » Un bon point, évidemment.

 

Et dans un même temps, « faire en sorte que la question des droits d’auteurs, de la façon dont des grands groupes, des géants du numérique, s’approprient des œuvres, et aujourd’hui ne permettent pas à leurs auteurs d’être rémunérés, de penser demain, à l’ère du numérique, ce que doit être la rémunération des auteurs ».

 

Un sujet qui concerne la gauche, mais la République plus globalement. Si le pays « a fait beaucoup en matière d’Éducation artistique et culturelle », il faut aller au-delà « en matière d’ambition politique culturelle ».

 

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Le candidat synthétisera sa pensée un peu plus tard : « Notre territoire est immensément créatif. Pour encourager cela, il nous faut un statut pour les artistes et une protection pour les auteurs. » En matière de rémunération, peut-être devra-t-on revenir aux essentiels, en rappelant au candidat que l’on doit citer ses sources, quand on publie un livre. Et que le copier-coller n’est pas une forme de respect du travail des auteurs.

 

Manuel Valls n’a pas rebondi suite à cette intervention. « Se retrouver autour des livres, de la littérature, des idées, c’est aussi une belle manière, face à toutes les tentations de repli, de redire notre attachement collectif au projet européen », avait-il assuré à Francfort, en octobre 2016.

 

Il était alors encore Premier ministre et venait à la Foire du livre pour soutenir le projet d’invitation de la France pour l’édition 2017. Il n’avait pas eu trop de temps pour parler des auteurs, cela dit.