Benoit XVI à Cuba : Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits

Clément Solym - 29.03.2012

Edition - International - Benoît XVI - Cuba - Fidel Castro


La visite du Pape Benoît XVI sur l'île de Fidel Castro n'est vraiment pas passée inaperçue. Aussi bien politique que politique - dans la mesure où toute forme de religion vise une dimension politique - le passage de six jours au Mexique et à Cuba a permis au représentant du catholicisme quelques petites remarques. 

 

C'est d'abord l'embargo américain, que le Pape a condamné, mais il a également invité les autorités cubaines à laisser aux citoyens la possibilité d'exercer pleinement leurs libertés fondamentales. Et si Benoît XVI a eu l'occasion de quelque 30 minutes de conversation avec Fidel Castro, les opposants déplorent qu'au cours de cette visite, ce dernier n'ait pas pris le temps de rencontrer de dissidents. 

 

 

 

L'occasion pour la papauté d'affirmer cependant qu'aucun pays n'est délaissé par l'Église, et qu'évidemment, malgré l'océan qui le sépare de ses ouailles, Ben' pense à eux. Et priera probablement pour le salut de leur âme, même si officiellement cette information n'a pas été confirmée. Même si charité bien ordonnée commence par soi-même.

 

Eh bien, qu'il nous soit permis d'exhumer de notre bibliothèque un ouvrage de Napoléon Roussel, publié en 1854, et faisant, en son temps, un bilan publié chez Meyrueis. Ainsi, les nations catholiques et les nations protestantes comparées sous le triple rapport du bien-être, des lumières et de la moralité, offrent un regard assez intéressant sur la vie des peuples... et Cuba ne manque pas à l'appel.

 

Le bon est la conséquence du vrai, le mal est la conséquence du faux ; double expression d'un axiome unique : Le vrai et le bon sont intimement unis, ou, pour mieux dire, ils ne font qu'un.

Ce que nous entendons par vrai, tout le monde le comprend ; mais qu'entendons-nous par bon ? Il ne sera peut-être pas inutile de le dire.

La moralité, les lumières, le bien-être sont, à nos yeux, trois choses bonnes en elles-mêmes, et pour toute l'humanité.

Si le lecteur nous conteste cette assertion, il fera bien de s'arrêter ici, car tout notre travail repose sur elle comme sur un axiome.

L'Évangile a proclamé la même vérité eu des termes plus saisissants: « Vous les reconnaîtrez à leurs fruits, » a dit le Christ. « Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un « mauvais arbre porter de bons fruits. « Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues « sur des chardons? »

 

S'il en est ainsi, partout où le bien-être, les lumières et la moralité seront réunis, on pourra dire : ici se trouve la vérité; et où la misère, l'ignorance et le vice seront assemblés, ici règne l'erreur. Sans doute, si l'on trouvait dans le monde tout le bien sur un hémisphère, et tout le mal sur l'autre, la démonstration irait jusqu'à l'évidence. Mais si, sans atteindre à cette complète séparation du bien et du mal, on trouvait cependant, dispersés sur tous les points du globe, des peuples moraux, éclairés, prospères, dans une certaine mesure, ne pourrait-on pas dire encore : ici règne la vérité? Si, en même temps, à côté de ces peuples, s'en rencontrent d'autres comparativement misérables, ignorants, immoraux, ne sera-t-on pas en droit d'ajouter : ici règne l'erreur? Ensuite, si cette double expérience se renouvelle sur plusieurs points du globe, ces simples probabilités ne deviendront-elles pas des certitudes ? Nous le pensons, et c'est en nous appuyant sur ce principe, que nous allons traiter notre sujet.

 

L'ouvrage est évidemment disponible au téléchargement, gratuitement, en version EPUB ou PDF, à cette adresse