Bernard Dadié, le père de la littérature ivoirienne, est mort

Maxim Simonienko - 11.03.2019

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L'écrivain Bernard Dadié, considéré comme le « père de la littérature ivoirienne » est mort le samedi 9 mars à l'âge honorable de 103 ans. En tant qu'homme engagé, il a réussi à s'imposer dans tous les genres littéraires et laisser ainsi derrière lui une oeuvre riche et hétéroclite.

(via page Facebook : LeFaso.net)
 
Les hommages à l'auteur n'ont cessé de succéder tout au long du weekend. Le ministre ivoirien de la Culture, Maurice Bandaman, a déclaré à l'AFP que « la Côte d'Ivoire vient de perdre son plus grand écrivain », avant de souhaiter « un hommage national » pour honorer sa mémoire.

L'écrivain franco-ivoirien Serge Bilé y est également allé de son petit hommage sur sa page Facebook : « Quelle tristesse ! Bon voyage tonton et merci pour tous tes écrits et pour ta droiture qui nous inspire ». « Sa littérature est à la fois poétique et engagée, à l'image de l'homme », a-t-il ajouté auprès de l'AFP.
 

Une oeuvre littéraire prolifique


En effet, Bernard Dadié a abordé tous les genres littéraires. Il est connu pour ses poésies, romans, chroniques, contes mais également ses pièces de théâtre.

C'est d'ailleurs sur les planches qu'il fait ses débuts littéraires, dès 1934, avec une pièce de théâtre satirique intitulée Les Villes.

En 1950, il publie un recueil de poèmes engagés, Afrique debout ! qui dénonce les relations de domination entre Blancs et Noirs dans l'Afrique coloniale. C'est dans cette continuité critique qu'il est remarqué deux années plus tard grâce à son autobiographie Climbié.

Dans les années 60, Bernard Dadié reçoit deux fois le grand prix littéraire d'Afrique noire pour ses oeuvres Patron de New York (1965) et La ville où nul ne meurt (1968).

En recevant en 2016 le premier prix Jaime Torres Bodet de l'Unesco, l'écrivain ivoirien a déclaré qu'« écrire est, pour [lui], un désir d'écarter les ténèbres, un désir d'ouvrir à chacun des fenêtres sur le monde ».
 

Un écrivain engagé pour l'indépendance


Homme engagé, Bernard Dadié fut aussi journaliste, homme politique et militant pour l'indépendance de la Côte d'Ivoire. Le pays est resté une colonie française jusqu'en 1960.

Cet engagement au sein du Parti démocratique de Côte d'Ivoire - Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA) lui a valu un séjour d'un an en prison, entre 1949 et 1950.

Après l'indépendance, il a été de 1977 à 1986 le ministre de la Culture du premier président ivoirien Félix Houphouët-Boigny.

Grâce à cet engagement, « Bernard Binlin Dadié est l'écrivain le plus fécond de la littérature néo-africaine (...) et avec Léopold Sédar Senghor, le plus traduit », selon Nicole Vincileoni, universitaire et auteure d'un ouvrage d'analyse de référence sur son oeuvre.

En France, certaines de ses oeuvres sont encore disponibles aux éditions Présence Africaine. 

via AFP.


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