Bernard Pivot et Marc Levy en total désaccord sur l'écriture inclusive

Victor De Sepausy - 12.11.2017

Edition - Société - écriture inclusive écrivains - Marc Levy inclusive - Bernard Pivot inclusive


C’est un battle de titans — probablement ni l’un ni l’autre de ces deux écrivains ne cautionnerait d’ailleurs le terme anglais, mais au moins les mettrait-on d’accord. Via Twitter, le clash entre Marc Levy et Bernard Pivot a retenu l'attention : autour de l’écriture inclusive et des règles qui régissent actuellement l’orthographe française, les deux hommes ont échangé quelques douces pensées.


Barnard Pivot
ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 


Alors oui, un récent sondage affirme que trois Français sur quatre sont favorables à l’écriture inclusive, en ce qu’elle permet de signifier l’égalité homme-femmes. À cela, le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, avait rétorqué que l’écriture inclusive « ajoute une complexité qui n’est pas nécessaire ».

 

Et voici comment se déclenche l’altercation sur Twitter, où Bernard Pivot, un brin pontifiant, se fait interpeller et rappeler à l’ordre par Marc Levy. Premier échange de politesse : 

 

 

Puis, réponse du berger à la bergère, mais avec une pointe d'agacement...

 

 

Conclusion du président de l’Académie Goncourt, qui sur ce point semble rejoindre et abonder dans le sens de ses confrères de l’Académie française : la tradition, c’est la tradition, et ne venez pas nous chauffer les oreilles.

 

 

 

De fait, Bernard Pivot a raison dans son argument : la tradition est instaurée, et dès lors il est particulièrement complexe de la faire évoluer. Plus encore, de trouver un terrain d’entente qui permette de rompre avec la tradition sexiste et patriarcale de notre langue. 

 

Argument d’autant plus fragile que spécieux et largement remis en cause : la règle de grammaire est passablement obsolète, et très débattue, justement pour trouver une solution — notamment avec l’accord de proximité ou celui de majorité.

 

Certes, l’anglais d’où sont relativement absents les marqueurs de genre n’a pas ces problèmes. Mais si le français ne les résout pas, la langue anglaise ne risque-t-elle alors pas de devenir plus concainvante et séduisante encore ?

 

Pour l’Académie française, l’écriture inclusive est un “péril mortel”

 

D’autant plus qu’un argument d’autorité établissant que, parce que c’est la tradition, il n’est nul besoin de chercher à évoluer n’a de valeur que pour sa rhétorique. Finalement, Marc Levy a mis le doigt là où ça fait mal et Bernard Pivot n’a pu que trouver un refuge…