Bertelsmann cherche l'argent pour acheter Penguin Random House

Clément Solym - 25.11.2015

Edition - Economie - Bertelsmann Pearson - Penguin Random House - groupe éditorial


Depuis juillet 2013, les deux groupes Bertelsmann et Pearson ont effectivement fusionné leurs sociétés éditoriales. En résulte le monstre Penguin Random House, soit 15.000 nouveautés chaque année, et 10.000 employés à travers le monde. Mais le temps passe, et la position de Bertelsmann quant à l’avenir se précise. 

 

Penguin Random House - Frankfurt Buchmesse 2015

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Depuis l’Allemagne, Berteslmann détient une participation majoritaire à la hauteur de 53 %, tandis qu’aux États-Unis, Pearson dispose des 47 %. Or, au terme de l’année 2014, les résultats étaient au rendez-vous, avec 3,3 milliards $ de chiffre d’affaires. 

 

Assis sur un géant, Markus Dohle, l’actuel PDG, va probablement connaître quelques secousses. On sait que, depuis octobre, les deux partenaires peuvent se désengager de la structure. Et dès février 2015, les rumeurs allaient bon train : Pearson serait disposé à céder ses parts à Bertelsmann, mais encore faut-il que le chèque soit significatif. 

 

Leur accord, passé en 2012, mettait un impératif : trois ans avant de faire bouger quoi que ce soit. L’agence Reuters affirme que Berteslmann est actuellement à la recherche de partenaires, pour concrétiser cet achat. Mais outre l’accord de trois années d’incessibilité, une autre dead-line existe : cinq ans après la transaction, un des partenaires peut manifester une offre publique.

 

Comme Pearson s’est de plus en plus spécialisé dans le monde de l’éducation, la littérature ne l’intéresserait que de moins en moins. Ses 47 % dans PRH pèsent à ce titre 2 milliards €, globalement, mais les analystes se demandent surtout si la firme va vendre l’ensemble de ses parts, ou juste quelques éléments. 

 

Selon des sources proches du dossier, les pourparlers devraient reprendre l’an prochain et la direction de Berteslmann serait partie à la recherche de liquidités pour assurer son investissement. Le groupe, dans le même temps, développe son propre engagement dans l’éducation, et vise un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros, à moyen terme, contre, actuellement, moins de 200 millions € pour ses activités pédagogiques. 

 

Pearson affirme qu’elle tiendra ses engagements jusqu’en 2017 : après cela, tout sera permis.