Besançon : la librairie Camponovo lutte contre le licenciement

Clément Solym - 02.06.2012

Edition - Librairies - librairie - Besançon - Camponovo


La librairie-papeterie Camponovo, de Besançon, compte 1500 m2, elle propose 90 000 références et garantit par là autant d'accès au savoir et au divertissement par le biais du livre. Mais cette entreprise connaît la crise, alors que son P.D.G. a décidé de vendre son commerce. Ainsi, 39 personnes voient leur emploi menacé, et après de multiples appels, c'est une dernière tentative pour mobiliser pouvoirs publics et habitants. 

 

Le maire, Jean-Louis Fousseret avait annoncé son intention de « mobiliser l'ensemble des dispositifs d'aides publiques disponibles, tant auprès du Préfet de Région, Préfet du Doubs, que des ministres en charge de la culture et de l'économie qu'il a saisis officiellement hier de cette question [...] Il déploiera toute son énergie pour sauver Camponovo, cette librairie le mérite », expliquait-on. Mais pour l'une des employées, menacée par le licenciement direct, on tarde à voir les résultats de ces bonnes intentions. « Personne ne parle de nous ou se mobilise alors que nous faisons partie du groupe Camponovo, et sans sa logistique je ne vois pas comment la librairie Camponovo pourrait fonctionner, ne serait-ce qu'une semaine », déplore-t-elle... (voir notre actualitté)

 

C'est ainsi qu'hier, une lettre ouverte « aux écrivains, aux éditeurs, à tous les acteurs de la chaîne du livre » a été diffusée sur la toile, avec un seul et unique mot d'ordre : « Il faut sauver la librairie Camponovo », depuis le blog Juran Doubs.

 

C'est que l'actuel propriétaire est en train de vendre tous les points de vente en France, et que la librairie se retrouvera probablement, si aucune solution ne se présente, changée en « une franchise de pizzeria et kebab », une alternative que le patron envisage très sérieusement. L'établissement et ses 50 ans d'histoire dans la ville, balayé d'un coup d'un seul, cela fend le coeur, car un communiqué de presse daté du 1er juin, annonce que la procédure de licenciement est annoncée et déjà mise en place. 

 

C'est en effet ce message émanant des délégués du personnel qui met le feu aux poudres. « La procédure est annoncée, mais pas encore engagée », nous précise la librairie. « Entre nous, les salariés tout se passe bien, nous restons unis pour conserver la librairie et nos emplois avant tout. Mais à cette heure, nous n'avons plus de contact avec le propriétaire, bien que les négociations se poursuivent. » Mais le personnel reste inquiet, car « une procédure de licenciement des 39 salariés pourrait être lancée dès la fin de la semaine prochaine, si un accord entre les parties n'était pas trouvé. »

 

Une première manifestation s'était déroulée le 31 mai, réunissant quelque 250 personnes venues apporter leur soutien. L'occasion pour le maire de renouveler son soutien, comme nous le confirment les délégués du personnel. « Les pouvoirs publics, les élus et les responsables politiques nous soutiennent pleinement, et chacun assure faire ce qui est en son pouvoir pour sensibiliser à notre cause. Du reste, les politiques jouent un important rôle de médiation avec le propriétaire, pour que les négociations ne s'arrêtent pas. »

 

Du reste, les messages venant des habitants, au cours de cette manifestation, ont fait plaisir. « Toute l'équipe de la librairie/papeterie Camponovo remercie les 4500 signataires de l'appel à soutien et les 250 personnes qui se sont rassemblées Place Saint-Pierre le 30 mai à 17H00. Nous remercions également les pouvoirs publics qui montrent une volonté commune de conserver la librairie Camponovo au cœur de la cité. »

 

Au cours de la manifestation, le maire avait assuré avoir pris contact avec les ministres de l'Economie et de la Culture, Pierre Moscovici et Aurélie Filippetti. « Je m'opposerai à l'implantation d'une banque ou d'un restaurant. Pourl'instant, je privilégie la persuasion. Je suis dans un rôle de Monsieur bons offices. » Cependant, les moyens d'action de la ville restent conscrits à quelques actions, et pourtant peu de moyens. (voir Le Pays)

 

Une prochaine manifestation est prévue pour continuer d'informer les habitants, le jeudi 7 juin, à 18h, place Saint Pierre. Pour ceux qui ne pourront pas s'y rendre, il reste la pétition, sur internet.