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Besoin de main-d'oeuvre en 2013 par Pôle Emploi : écrivains demandés

Nicolas Gary - 04.05.2013

Edition - Société - recrutement - offre d'emploi - Pole emploi


Une enquête publiée par le Pôle emploi, relatant les Besoins en Main-d'oeuvre 2013, a attiré l'attention. C'est que dans la section de Projets de recrutement par métier, on trouve bien entendu divers secteurs, mais surtout un top 3 fascinant des recrutements déclarés les moins sollicités.

 

 

cité griset ex usine et pôle emploi

Pôle emploi ou l'usine : dilemme de l'écrivain

alainalele (CC BY 2.0)

 

 

Le métier le moins recruté est celui de Personnels navigants de l'aviation (techniques et commerciaux), avec 100 recrutements déclarés. Puis, vient celui de Directeur d'établissement scolaire et inspecteurs, avec 104 postes. L'antépénultième va faire sourire : c'est celui d'écrivain, avec 105 recrutements déclarés.

 

Selon la fiche ROME E1102, certifiée par le Pôle Emploi, qu'est-ce donc qu'un écrivain ? La définition est épatante :

•  Conçoit des histoires, écrit des textes (roman, scénario, biographie, ...) dans le but d'une diffusion papier, audiovisuelle ou multimédia ou d'une représentation de spectacle.
•  Peut écrire ou réécrire des textes pour le compte de tiers ou d'entreprises (correspondance, formalités administratives, ...).
•  Peut mettre en scène ou interpréter ses oeuvres.

 

Et l'on y retrouve une certaine déclinaison de métiers d'écritures, depuis le biographe - à distinguer du biographe littéraire - l'essayiste, le scénariste, ou encore romancier, traducteur, et ainsi de suite.

 

Toutefois, si l'on peut postuler aux emplois sus-dits « sans diplôme particulier », le bienveillant Pôle explique qu'une Licence ou un Master, « peut en faciliter l'accès ». Et bien entendu, on recommande l'adhésion à la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques (SACD), « pour la perception de droits d'auteurs ». Les autres sociétés de perception de droits apprécieront...

 

Dans son communiqué, le Pôle souligne par ailleurs qu'il « demeure un intermédiaire privilégié puisque sept établissements sur dix envisagent de confier leurs recrutements à Pôle emploi, notamment pour les recrutements d'emplois jugés difficiles ». Or, s'il est bien un secteur difficile d'accès, celui d'écrivain, on le constate avec le nombre de recrutements déclarés, compte parmi les trois plus douloureux.

 

Editeur ch. Ecrivain - discrétion assurée

 

L'étude parue le 9 avril dernier a apostrophé le Figaro littéraire, qui dans un exercice de mauvais esprit, sous la plume de son rédacteur en chef, s'interroge sur la provenance desdites offres d'emplois, attendu que l'étude ne le précise pas. « Une hypothèse : des éditeurs, lassés par la médiocrité des manuscrits qu'ils reçoivent, auraient-ils entrepris de lancer discrètement un appel ? »

 

C'est, osons le mot, bas.

 

L'audace de nos confrères, aurait gagné à envisager que ces mêmes éditeurs soient lassés également par les auteurs qu'ils ont signé voilà 30 ans, et qui reviennent trous les deux ans avec un nouvel ouvrage - empêchant la jeune garde de percer dans le monde du livre.

Les chiffres le démontrent d'ailleurs : en septembre 2012, pour la sacro-sainte rentrée littéraire, seuls 69 romans comptaient à l'appel, et pour celle de janvier 2013, on constatait que la production de premiers romans chutait plus encore, accusait un recul de 40 % depuis 2006. On en dénombrait ainsi 45, contre 55 pour janvier 2013.

 

La conclusion, dans les mains du Pôle Emploi : « Légèrement moins optimistes qu'en 2012, près de trois établissements sur dix envisagent une hausse de leur activité dans les 3 à 5 ans à venir. » Ce qui signifie une diminution encore du nombre de premiers romans ?