Besoin urgent de féminisme dans la littérature jeunesse de non fiction

Laure Besnier - 09.11.2017

Edition - Société - Littérature Jeunesse - Livre Femmes - Jeunesse Féminisme


Lauren Chassebi, journaliste en freelance chez The Guardian, a un avis sur la littérature jeunesse qui mérite que l’on s’y arrête. Si, auparavant, les petites filles pouvaient s’identifier aux rares modèles féminins disponibles dans la littérature jeunesse de fiction, elles se tourneraient désormais vers la non fiction. Le genre, précédemment noyé par l’omniprésence d’exemples masculins, profite en effet de récentes parutions autour de grandes femmes.

 


lac-bac, CC BY 2.0

 


Cette évolution qui doit prendre une importance toute particulière, en ces temps de libération de la parole autour de ce que subissent les femmes dans nos sociétés. 
 

Harcèlement sexuel dans l'édition : “Ouvrir les yeux sur cette violence”


Il était une fois beaucoup de héros et finalement assez peu d’héroïnes. Voilà comment pourrait être résumé, en substance, l’état de la littérature jeunesse britannique – mais est-ce un constat qui s'opère uniquement chez nos voisins ? Selon Lauren Chassebi, les livres jeunesse suivent toujours le même schéma : une fille a des problèmes et fait appel à un garçon pour la sortir de cette situation. Et par la suite, ils vivent heureux et ont beaucoup d’enfants, etc.

 

Peu d’héroïnes sortent du lot. On peut tout de même citer Anne of Green Gables, de la série de L.M. Montgomery, curieuse et intelligente, Mathilda de Roald Dahl, courageuse et réfléchie, la bien connue Hermione Granger de J.K. Rowling ou encore Buffy Summers, de la série Buffy contre les vampires. Même si ces exemples ne sont pas toujours parfaits indique Lauren Chassebi, de nombreuses jeunes filles ont pu s’identifier et se rendre compte de leurs capacités en suivant les aventures de ces personnages. 

 

En revanche, la littérature jeunesse non fiction a toujours été vide d’exemples féminins. Il suffit de voir combien d’explorateurs spatiaux, de soldats, et autres modèles masculins sont proposés à la lecture.   

 

Mais selon Lauren Chassebi, les temps changent. Elle rappelle le succès du bestseller Goodnight Stories for Rebel Girls d’Elena Favilli et Francesca Cavallo, présentant une anthologie de portraits de femmes importantes. L’année dernière, le livre a récolté sur Kickstarter,  une plateforme de financement participatif, 675.614 $, devenant la publication la plus financée de tous les temps.

Il fut ensuite dépassé par Goodnight Stories for Rebel Girls 2 qui a récolté 866,000 $. Ils ont été traduits et vendus dans d’autres pays comme l’Italie, la Chine ou encore en France sous le nom d’Histoires du soir pour filles rebelles, aux éditions des arènes. Ainsi on y croise Frida Kahlo, les soeurs Serena et Venus Williams ou encore Virginia Woolf. 
 

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Elena Favilli, Francesca Cavallo - Histoires du soir pour filles rebelles - Les arènes - 9782352046783 - 19,90 €



Il y a donc de la place pour le féminisme dans la littérature jeunesse non fiction déclare Lauren Chassebi. Et ce n’est pas fini : un nouvel ouvrage a suscité l’engouement : Women in Science: 50 Fearless Pioneers Who Changed the World de Rachel Ignotofsky. Dans ce livre, on trouve des infographies sur l’écart de salaires entre hommes et femmes, des histoires de femmes qui ont changé le monde de la science...

 

Enfin, Lauren Chassebi apporte un autre exemple : celui de Fantastically Great Women Who Changed History de Kate Pankhurst, avec les aventures d’Amelia Earhart ou Rosa Parks. 

 

Dans ces livres, les modèles féminins sont intelligents, capables et courageux. Ce sont des pionnières et des leaders. Elles exercent des métiers très différents : elles sont codeuses, scientifiques, politiciennes et j’en passe et j'en oublie. Une piste à explorer ? 
 


 

Via The Guardian