Beyrouth : deux bibliothèques fermées, avec des “travaux longs et coûteux”

Clément Solym - 11.08.2020

Edition - Bibliothèques - Beyrouth bibliothèques explosion - familles enfants soutien - destruction capitale Liban


Les trois établissements de prêt de livres de Beyrouth ont été lourdement frappés par l’explosion survenue ce 4 août. Fermés, contraints et forcés, les bénévoles affluent pour nettoyer, déblayer. Ali Sabbagh, coordinateur de l’association Assabil, en charge des bibliothèques, nous apporte des précisions. 


 

Dans la capitale libanaise, on déplore désormais 158 morts et plus de 6000 blessés — des chiffres qui, en regard de la violence de l’impact, sont parfois interrogés : quelle fiabilité, quand on sait l’état de la ville ? Pour les trois bibliothèques, situées à proximité du port, Bachoura, Geitawi et Monot, les dégâts sont considérables, et cependant variables.
 
« Les trois bibliothèques sont endommagées à des degrés divers. Vitres, aluminium, murs, faux plafonds, boiseries, luminaires, etc. ont été soufflés par la force de l’explosion », nous indique Ali Sabbagh. « Des bénévoles nous ont aidés à dégager les décombres et à préserver les livres. » 
 

Accompagner les habitants, à tous niveaux


Un premier constat a pu montrer que seule la bibliothèque de Monot pourra être fonctionnelle dans de brefs délais, et assurer un minimum de services aux usagers, de son fonds propre. 

« Les fonds des deux autres bibliothèques [ne seront] pas accessibles avant la fin des travaux, qui vont s’avérer longs et coûteux. »
 
L’avenir promet d’être complexe, continue le coordinateur. « La perspective des longs mois à venir où la population de Beyrouth devra se relever constitue un véritable défi pour notre association. [Elle] se devra d’offrir des services en accord avec les besoins de cette population meurtrie, non seulement par l’explosion du 4 août, mais également par la crise économique et financière qui l’a jetée sous le seuil de pauvreté. »

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L’association Assabil n’attendra d’ailleurs pas la fin des travaux pour reprendre ses différentes activités ni le soutien (scolaire psychologique, social), à apporter aussi bien « aux enfants qu’à des catégories plus larges, tous traumatisés ».
 

Rebâtir, avec l'aide internationale

 
Patrick Coulombel, architecte et président de la fondation Architectes de l’urgence, soulignait auprès du Monde que « la reconstruction [est] autant matérielle que psychologique pour la personne et la famille ». Et d’insister sur la confiance que ce peuple lui inspire : « L’enjeu n’est pas la présence de compétences sur place, mais celui de l’approvisionnement après la destruction du port. Les Libanais ont une capacité de résilience et une énergie impressionnantes, cet élan existe et fera leur force. »



 
Au milieu des ruines, on garde espoir et se tourne vers les autres pays. « Nous sommes confiants dans le fait que la communauté des professionnels du livre sera sensible à ces besoins et se montrera solidaire », continue Ali Sabbagh.

Actuellement, Assabil tente de se mettre en relation directe avec l’association britannique Chartered Institute of Library and Information Professionals. Mais, au-delà, « [nous] espérons pouvoir entrer en contact direct avec toute autre association qui exprimerait aussi le désir de contribuer à la reconstruction des seules bibliothèques publiques de la ville de Beyrouth ».


crédit photo : Assabil


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