BiblioFreak : rapprocher les usagers des bibliothèques (Allemagne)

Nicolas Gary - 14.07.2013

Edition - Bibliothèques - Allemagne - campagne de communication - BiblioFreak


Une campagne nationale lancée en Allemagne, et qui semble n'avoir peur de rien, a été lancée sous le nom BiblioFreak. Les directeurs et gestionnaires des réseaux de bib en Autriche et Suisse ont d'ailleurs pris part : matériel de communication, bannières et autres affiches tentent d'attirer l'attention des usagers. Début des hostilités, ce mois-ci, avant une généralisation en 2014. Mais voilà... BiblioFreak...

 

Cinq établissements s'apprêtent donc à investir dans cette opération, destinée officiellement « donner une image moderne » des bibliothèques. Laquelle est en parallèle très fortement inspirée de l'opération Geek the Library, qui avait été lancée en août 2010 aux États-Unis et qui se poursuit depuis. 

 

 

BiblioFreak, la campagne allemande

 

Geek The Library, la campagne américaine

 

 

Sauf que, autant le terme Geek peut avoir une consonance un peu stimulante, et si l'on oublie l'idée de l'informaticien coincé derrière son écran, le Geek désigne, après tout, un passionné. Le Freak, en revanche, désigne une double réalité. D'abord, la référence du film de Tod Browning, de 1932, présentant de véritables monstres dans le cadre d'un cirque itinérant. En français, le titre Freaks avait été traduit par La monstrueuse parade, particulièrement éloquent. 

 

Sauf que dans les années 60, le mot prit une autre tournure : à cette époque, en pleine explosion de la contre-culture et de la mode hippie, principalement sur la côte ouest-américaine, les freaks désignent ces jeunes révoltés, opposés à la guerre, dénonçant le bourgeois des banlieues, ou la morale ambiante. Parmi les grands symboles de cette époque, le musicien et compositeur Frank Zappa, qui avec le groupe The Mothers of Invention, avait porté aux nues cette tendance.

 

Liberté d'expression et pensée révolutionnaire de rigueur... 

 

Alors, décider de baptiser cette campagne dans les bibliothèques Allemandes, BiblioFreak est évidemment contesté. Être assimilé à un Freak n'est pas du goût de tous, et le Boersenblatt rapporte que le terme est à la limite du mauvais goût pour nombre de professionnels. Ce qui devait aboutir à un dialogue et un partage entre bibliothécaires et usagers finit par donner une ambiance assez malsaine. Et aux États-Unis, dans tous les cas, le terme Geek est plus noblement connoté que Freak. 

 

Dans les villes de Bâle-Campagne (Suisse), Graz (Autriche), Leverkusen, Mettmann et Sommerda (Allemagne pour les trois), le test va donc commencer avec une certaine réticence, pour une période de six mois. L'enjeu est pourtant de simplement communiquer sur ses passions culturelles et de faire partager ses goûts et envies. Le fond de la campagne repose sur cette question : que faire pour améliorer les services en bibliothèques publiques, pour donner plus envie aux usagers et à ceux qui ne le sont pas encore. 

 

Pas certain que le Freak soit chic...