La RFID, l'innovation sans fil pour les bibliothèques

Antoine Oury - 12.06.2015

Edition - Bibliothèques - RFID bibliothèques - puces contrôle - Bibliotheca


Le congrès annuel de l’ABF est aussi l’occasion de découvrir, dans les allées du salon professionnel, les innovations qui seront peut-être communes d’ici quelques années. La société Bibliotheca, un des leaders mondiaux dans le domaine de la RFID, a ainsi exposé ses bornes de prêt, fixes ou mobiles, et quelques autres équipements qui facilitent la vie des professionnels...

 

Médiathèque Françoise Sagan (Paris 10e)

Une borne de Bibliotheca, à la bibliothèque Françoise Sagan, dans le 10e arrondissement de Paris

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Les bornes de prêt RFID font presque partie du paysage des bibliothèques françaises : d'abord mal accueillies, car faisant peser la crainte d'une automatisation du travail au détriment des personnels, ces appareils qui permettent à l'usager d'enregistrer et de rendre en toute autonomie ses livres sont finalement devenus des aides appréciables pour les bibliothécaires.

 

« Finalement, la RFID permet de se débarrasser des tâches un peu lourdes, comme l'enregistrement des sorties et des retours, pour consacrer plus de temps à l'accueil ou aux animations », se félicite Yannick Jacquemin, responsable commercial de Bibliotheca pour la Belgique et la France. Le dernier modèle de borne RFID a fait son apparition à Paris, dans la bibliothèque Françoise Sagan, mais aussi aux États-Unis, au Brésil ou dans d'autres pays du monde.

 

Ce nouveau modèle permet bien entendu d'enregistrer prêts et retours, de consulter le compte usager, de prolonger des prêts ou d'obtenir un aperçu des réservations grâce au lien avec les logiciels de gestion, C3rb, PNB, Infor, Archimed, Decalog et autres. L'usager scanne sa carte d'abonné, et l'écran tactile permet de faire le reste : l'établissement pourra également utiliser l'écran tactile pour afficher des informations sur des événements organisés. La grande nouveauté, c'est la possibilité de connecter les comptes Twitter et Facebook de l'établissement à la borne, pour que les usagers puissent y publier des commentaires sur les ouvrages empruntés pour « donner vie aux collections ». Pas sûr que les services informatiques apprécient, mais la fonctionnalité est expérimentale.

 

L'ensemble des bornes de la gamme est accessible aux personnes à mobilité réduite et aux enfants, et l'interface peut être adaptée aux personnes déficientes visuelles. Différentes langues sont disponibles, de l'anglais à l'espagnol en passant par l'arabe ou le chinois.

 

Congrès ABF 2015

L'ancien modèle de borne RFID : l'habillage lumineux peut se modifier à l'envi

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Bibliotheca est un des leaders mondiaux du secteur, avec 3M et quelques autres, et emploie environ 200 personnes à l'international. En France, ils sont 14 personnes, aidées par 25 techniciens IBM, capables d'intervenir sous J+1 en cas de défaillance technique. La société se consacre uniquement aux bibliothèques, de toutes sortes : universitaires, publiques ou privées (banques, avocats...). La société produit encore une gamme électromagnétique (le système antivol basique), mais l'avenir est clairement tourné vers la RFID, qui a l'avantage de combiner antivol et enregistrement des ouvrages.

 

« Les grandes villes sont presque toutes équipées en RFID, et nous travaillons donc plutôt avec les agglomérations ou des bibliothèques uniques, comme à Audruicq : la bibliothèque dispose de 14.000 documents, mais de deux automates », signale Yannick Jacquemin. Les acquisitions de matériel en bibliothèque, comme pour les ouvrages, se font par l'intermédiaire d'un marché public, dès lors que le montant dépasse 15.000 €.

 

La RFID a parfois eu mauvaise presse en raison des ondes qu'elle utilise : « Le système est bien moins nocif que le WiFi ou que les smartphones », précise d'emblée Yannick Jacquemin. « D'abord, les puces dans les livres sont passives : elles n'émettent pas d'onde. Ensuite, les ondes produites par les platines blindées [l'espace sur lequel on dépose le livre pour l'enregistrement, NdR] sont limitées à un espace de 20 à 30 centimètres au-dessus. À moins que l'on dorme dessus, il n'y a pas de contact avec les ondes. »

 

Les portiques antivol produisent des ondes en continu, que l'usager et les personnels traversent, mais « ces ondes ne sont pas des ultra-hautes fréquences, comme dans les milieux industriels : on reste à un niveau de 13,56 MHz en bibliothèque ». 

 

Parmi les nouveautés présentées, le Smartstock 300, une borne RFID avec toutes les fonctionnalités, mais en version mobile : « Cela permet notamment d'intervenir en cas de file d'attente, mais aussi pour l'accueil des usagers : le bibliothécaire peut les accompagner, et enregistrer directement les ouvrages. » La consultation du catalogue est aussi possible sur la petite machine.

 

Congrès ABF 2015

Le Smartstock 300 (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Dans d'autres pays, notamment au Royaume-Uni, Bibliotheca propose des casiers de retraits, à installer dans différents points des villes : « L'usager commande un document, et demande son dépôt dans le lieu de son choix. Il déverrouille le casier avec sa carte ou un code, et il récupère son document, des tablettes, des liseuses ou des jeux vidéo, par exemple », explique Yannick Jacquemin.