Bibliothécaires, vos livres ont-ils le Covid ?

Clément Solym - 02.09.2020

Edition - Bibliothèques - Covid virus livres - bibliothèques livres coronavirus - pandémie crise sanitaire


Le choix de la quarantaine durant 96 heures, imposés aux ouvrages retournés à la bibliothèque universitaire de Boudler, se respecte. Megan Lamber, directrice de la conservation par intérim, l’a de toute manière imposé. La question est de savoir si les ouvrages sont porteurs, malgré eux, du Covid.


 

Si le diable est dans les détails, le coronavirus se cacherait volontiers dans toutes les pliures et interstices d’un livre. Or, comme l’assure la directrice : « Nous ne pouvons pas traiter toutes les fissures d’un livre relié. Donner du temps aux documents qui nous sont retournés sera le moyen le plus efficace de traiter nos documents sur le long terme. »

La quarantaine découle des recommandations formulées par les Centres for Disease Control and Prevention, et les différents rapports que le projet Reopening Archives, Libraries, and Museums a présentés. REALM, de son petit acronyme, vise à encadrer la réouverture des établissements, comme son nom l’indique, avec les mesures de sécurité les plus efficaces. 

Certes, de petits bricoleurs avaient imaginé que le micro-ondes permettrait une désinfection efficace. Sauf qu’à température trop haute, ledit bouquin se met à brûler : échec sur toute la ligne.

Pour REALM, le principal atout est donc celui de la quarantaine, comme l’ont révélé deux tests effectués en laboratoire. Conservés dans des conditions de température et d’humidité ambiantes classiques, les documents (DVD, livres de poche, grand format) et placés dans des étuis en plastique, ne présentent plus de trace de SRAS-CoV-2 au bout de 24 heures.

En revanche, le virus persisterait jusqu’à quatre jours sur ces supports s’ils sont empilés les uns sur les autres ou placés directement sur des étagères. 
 

Le temps fait tout à l'affaire


Raison pour laquelle les établissements universitaires et publics sont vivement encouragés à pratiquer la quarantaine — accompagnée de masque pour les personnels et de lavage de mains au gel hydroalcoolique. En revanche, la restauratrice de l’University of Colorado Boulder souligne qu’il n’est pas utile de laver les ouvrages au gel, pas plus que de les passer au désinfectant. Moins encore de les mettre sous l’eau…
 
Hillary Morgan, qui a manifestement eu à traiter ce cas de figure, exhorte les usagers à n’en rien faire. « Il n’existe aucune garantie que des moyens par traitement chimique comme les lingettes à base d’alcool ou les sprays sur un livre ne provoqueront pas une détérioration », explique-t-elle avec politesse. 

De même, et contrairement à ce que la bibliothèque et centre d’archives de Banyumas, sur l’île de Java (Indonésie) avait cru bon de suggérer, le traitement par ultra-violets n’est pas une bonne idée. Ainsi, mettre un livre potentiellement contaminé au soleil durant une période prolongée ne garantit en rien qu’il soit débarrassé de toute menace virale. 

En somme, pour compléter ce que disait Lilou Dallas dans Le 5e élément : le temps importe, parce que la vie compte. Et le baron aussi.

illustration : Engin_Akyurt CC 0


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