Bibliothèque de Belfort : “l'État a des idées géniales”, mais le financement manque

Antoine Oury - 01.03.2018

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L'équipe municipale de la ville de Belfort (Bourgogne-Franche-Comté) a pris la décision de doubler les tarifs de la bibliothèque municipale, passant de 5,30 € à 10 € annuels pour les habitants majeurs de la commune. Et, dans le même temps, de réduire de 40 % le budget d'acquisition de la bibliothèque : Marie Rochette de Lempdes, adjointe à la culture du maire, met en avant la baisse des dotations pour justifier ces choix.


La bibliothèque Léon Deubel, à Belfort (via le site de la bibliothèque municipale de Belfort)
 


Du simple au double : le conseil municipal de Belfort a voté, le 14 février dernier, une hausse des tarifs d'inscription à la bibliothèque municipale, pour l'emprunt de tous les documents. L'inscription coûte ainsi 10 € par an aux résidents de Belfort, contre 5,30 € auparavant, et 20 € par an aux personnes qui ne résident pas dans la commune, contre 10 € auparavant. Les exonérations, pour les mineurs, les détenteurs de la carte Avantages Jeunes ou encore les demandeurs d'emploi, sont maintenues.

 

Marie Rochette de Lempdes, adjoint au maire de Belfort chargée de la culture, explique cette hausse des tarifs par « une baisse des dotations générales de fonctionnement, qui entraîne mécaniquement une baisse du budget ». Toutefois, la hausse du tarif d'inscription « ne sera pas affectée pour le fonctionnement de la bibliothèque, mais tombera dans le budget global de la ville. Si les recettes sont importantes, nous pourrons augmenter le budget de la bibliothèque. »

 

En effet, parallèlement à cette hausse des tarifs d'inscription, la ville a décidé d'une baisse du budget d'acquisition, de 140.000 € à 67.000 €, pour l'achat de tous les types de documents, CD, DVD, revues et livres. « Ce nouveau budget s'explique par la baisse des revenus : nous attendons d'en être certains pour la taxe d'habitation, mais, a priori, nous allons connaître une baisse de revenus », explique Marie Rochette de Lempdes.

 

D'après la municipalité, le budget, même réduit de moitié, « reste un beau budget d'acquisition. De plus, les bibliothécaires restent libres d'aménager leur budget en interne, de baisser telle ligne pour en augmenter une autre. »

 

La bibliothèque municipale de Belfort rassemble trois lieux, la bibliothèque Léon Deubel, la principale, ainsi que Clé des Champs et Glacis du château. D'après la mairie, le rythme de rotation des documents sur les trois lieux a été étudié avant les décisions relatives aux tarifs et au budget : « La circulation reste très facile entre les trois lieux de la bibliothèque municipale, tandis que la bibliothèque patrimoniale a développé une offre numérique à domicile ou sur place que nous voudrions augmenter, mais que nous maintenons pour l'instant à l'identique. »

 

Les bonnes idées de l'État, et la question budgétaire
 

Les décisions de la mairie ont provoqué la mise en ligne d'une pétition, créée par le collectif « Culture pour tous à Belfort », et interviennent dans un contexte particulier, alors qu'Erik Orsenna et l'inspecteur général des affaires culturelles Noël Corbin ont rendu un rapport sur les bibliothèques au gouvernement. Lequel demande notamment aux collectivités locales de nouveaux efforts pour les bibliothèques.

 

« L'État a d'excellentes idées, et nous aimerions ouvrir les établissements 6 jours sur 7, mais si nous n'en avons pas les moyens, c'est difficile. En 2014, au début de notre mandat, nous avons modifié les horaires d'ouverture pour atteindre 31 heures par semaine », rappelle Marie Rochette de Lempdes. « L'État a des idées géniales, mais, sans financement, nous ne pouvons pas le faire de notre côté. »

 

À Belfort, la hausse des tarifs de la bibliothèque inquiète
 

Le rapport Orsenna-Corbin signalait notamment la hausse de 8 millions € de la dotation générale de décentralisation pour l'extension des horaires d'ouverture des bibliothèques. « Nous regardons ce que propose l'État, bien sûr, mais si ces financements ne sont proposés que sur 3 à 5 ans, c'est difficile d'embaucher des gens dans cette perspective », souligne Marie Rochette de Lempdes. « Surtout que la remise en cause des contrats aidés nous a déjà conduits à réembaucher 28 postes sur 32, avec certains dans les bibliothèques. »




Commentaires

Les horaires ont juste été réaménagés : il y avait déjà 31 heures d'ouverture depuis 2006, les heures ont été réparties autrement en 2016 et non augmentées - alors que la demande de la Ville était de réduire !!!
Pourtant il existe des retours d'expérience et des analyses sur la gratuité en bibliothèque. Mais qui s'y intéresse.... oh oh downer

http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2012-03-0047-007

https://mondedulivre.hypotheses.org/3422

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