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Bibliothèques : assurer une continuité des services, sans négliger “santé” et “sécurité”

Antoine Oury - 03.11.2020

Edition - Bibliothèques - bibliotheques abf - confinement bibliotheques - bibliotheques click collect


Restée silencieuse dans les premiers jours du deuxième confinement, l'Association des Bibliothécaires de France (ABF) s'exprime sur la continuité des services dans les établissements. L'organisation professionnelle souligne la difficulté d'organiser et de maintenir un système de commandes et de retraits, pour les personnels, mais rappelle que « la sécurité sanitaire de tous et toutes » reste primordiale.

Médiathèque Alexis de Tocqueville - Caen


Le premier confinement avait vu les bibliothèques et médiathèques instituer des solutions comme la commande et le retrait, ou encore le portage à domicile, avant une réouverture en mode « dégradée », sans certains services comme l'accès aux ordinateurs, par exemple. Pour ce deuxième confinement, les bibliothèques sont pour l'instant autorisées à assurer un service de commandes et de retraits, mais ne peuvent pas accueillir du public.

Cette solution, désormais inscrite dans la loi, « n’est finalement pas si évidente », indique l'ABF dans un communiqué. « Ce type de service nécessite des moyens humains, logistiques et techniques dont ne disposent pas forcément toutes les bibliothèques et collectivités, sans parler des bibliothèques tenues par des bénévoles », souligne l'organisation professionnelle, qui ajoute que « [l]es équipes sont déjà fortement éprouvées par les réouvertures mises en œuvre depuis mai dernier » et « pas épargnées elles-mêmes par l’épidémie et ses impacts ».

L'ABF estime par ailleurs que « drive » et portage à domicile ne permettent pas d'assurer une complète continuité des services, en réalité bien plus étendus : « accès aux ordinateurs et à Internet, possibilité d’imprimer des documents, disposer d’un espace de travail, consulter des documents sur place, sans compter l’emprunt qui ne se limite pas à la commande de ce qu’on a déjà identifié… »

Aussi, dans le cas d'une autorisation plus large, et de la possibilité d'accueillir du public dans les établissements, l'ABF demande une prise en compte « de tous les services possibles, garantissant la sécurité sanitaire de tous et
toutes
 ».

Cela impliquerait, selon l'association :
 
  • possibilité de click and collect
  • possibilité d’accès sur rendez-vous (Internet ou table de travail)
  • l'ensemble des possibilités pour les bibliothécaires de déployer leurs compétences et de toucher tous les publics sans accueil physique dans les bâtiments : partenariats, créations de contenus en ligne, accompagnement téléphonique, partage de ressources et services numériques...

Ces possibilités seront évidemment « à prioriser, adapter et contextualiser selon les moyens humains, matériels, informatiques, et selon les priorités définies dans chaque collectivité pour s’adapter au mieux aux territoires et aux publics », prend soin d'ajouter l'organisation. Mais le message est assez clair : il faut proposer plus qu'au premier confinement, selon l'ABF.
 
L'organisation professionnelle rappelle toutefois que « toutes les garanties pour leur santé et leur sécurité » doivent être assurées aux personnels. À ce titre, « un ensemble de missions et de services peuvent être effectués en télétravail et il importe de les renforcer, dans l’intérêt du public comme dans celui des collègues ».

Photographie : illustration, bibliothèque Alexis de Tocqueville, Caen (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)


Commentaires
Bonjour,

Je voudrais juste relever une petite imprécision dans l'article.

En effet vous écrivez :

"Le premier confinement avait vu les bibliothèques et médiathèques instituer des solutions comme la commande et le retrait, ou encore le portage à domicile, avant une réouverture en mode « dégradée », sans certains services comme l'accès aux ordinateurs, par exemple."

Or c'est seulement au moment du déconfinement de mai que les médiathèques ont mis en place ce système.

Merci pour vos articles que je suis par ailleurs avec attention.
Précision en réponse à Sandra : il y a eu, notamment en fin de confinement, des bibliothèques qui ont mis en place des services de drive et portage, alors que ce n'était pas autorisé légalement. C'est à cette période que l'inter-asso et le ministère de la culture (SLL) ont commencé leurs échanges car il y avait des dérives.
Pour aller plus loin encore : le débat a été tendu lors du premier confinement et il ne s'agit pas de juger ici l'opportunité (le fond), mais seulement la possibilité (le forme). Le décret du printemps, comme celui de cet automne, interdisait des choses. Prêter des documents à quelqu'un qui ne rentrait pas dans l'établissement n'a jamais été interdit )par le décret. C'est peut-être pour cela qu'il n'y a jamais eu au printemps de position ferme du ministère (quelqu'un a-t-il vu un communiqué, une réponse à ce sujet de l'Etat à ce sujet ?) et que les préfectures ont autorisé ces "drives". La question de l'accès à la fenêtre par laquelle passait les documents(que cocher sur l'attestation) en revanche, se posait. Le décret du 29 octobre n'interdisait pas non plus de procéder ainsi. La modification du 2 novembre, peut-être pour pouvoir inscrire, d'une certaine manière, ce qui était déjà possible, est allée plus loin : elle autorise à rentrer dans la bibliothèque pour retirer sa commande. Il faut lire le décret par le biais de ce qu'il interdit de faire. S'il faut que tout le possible soit expressément écrit pour tout et tout le monde, cela va devenir compliqué. Pour pousser le bouchon, il n'est pas écrit que les bibliothèques peuvent privilégier les ressources numériques et pourtant, elles le font sans se poser de question... Encore une fois, cela ne veut pas dire qu'il faut faire du Drive, mais cela n'a jamais été interdit.
Eh bien dans notre toute petite bibliothèque, nous avons immédiatement réactivé le drive, au grand soulagement et bonheur de nos lecteurs, surtout les familles ... car quand je lis dans un autre article publié aujourd'hui que de toute façon, les gens ont toujours de la lecture d'avance chez eux (et que 4 semaines sans pouvoir acheter ou emprunter de livres, ce n'est rien), j'ai envie de répondre que non, et pour les familles, notamment, pouvoir renouveler régulièrement les livres proposés aux enfants, c'est important. Surtout pour des enfants qui ne peuvent quasiment plus mettre le nez dehors sauf pour l'école, qui n'ont plus aucune activité sportive ou artistique, qui ne voient plus leurs grands-parents ...

Bref, par contre, j'en aurai pleuré quand j'ai pris connaissance hier matin de l'interdiction d'accueillir les classes au sein de nos établissements, et je me demande bien ce qui justifie cette décision !? Alors que les écoles (et c'est heureux) peuvent continuer à utiliser les équipements sportifs par ailleurs fermés au public, pourquoi ne pas continuer à accueillir les classes dans nos bibliothèques ? Ils ne risquent pas de contaminer le reste du public, puisque le reste du public ne vient plus ...

Hier j'étais vraiment frustrée et malheureuse de cette décision, même si je sais que certains professionnels s'en félicitent.

Merci pour vos articles que je lis tous les matins avec attention, parfois avec le sourire et parfois avec l'envie de taper sur quelqu'un, mais ça a le mérite d'exister, de faire réagir, de faire réfléchir ...
eh bé, reveillez vous, assumez que vous étés un adulte et allez voir dans un hopital pourquoi on fais des restrictions.



j'ai marre de ces adultes qui jouent aux bébés inconscients.
En période de crise comme actuellement on essaie de faire au mieux, et parfois souvent c'est "le moins mal" .

Donc OUI au moins ouvrons en mode très très dégradé et proposons des documents nécessaires aux lecteurs, cela inclut les enfants scolarisés, les collégiens et lycéens qui ont besoin de textes, les personnes plus ou moins isolées qui ont besoin de lire et ne peuvent / ne savent pas accéder à des commandes en ligne, ou n'ont pas les moyens de payer très cher .



Certes une bibliothèque c'est plus que cela, mais si je prends l'exemple parisien depuis juillet, on n'a accès à aucun ordinateur même pour une simple consultation du catalogue, alors ... si au moins on pouvait avoir accès aux livres, ce ne serait déjà pas si mal.

En tout cas je remarque avec envie ces petites bibliothèques qui immédiatement mettent en place des services ajustés pour leurs abonnés. "Small is beautiful".
donc le moins mauvais c'est de continuer à propager le virus, mais pour les bonnes raisons. Super boulot on a fait en tant que bibliothécaires pour avoir une société si lucide...
Vos remarques, commentaires et déclarations sont irrespectueux, insultants et sans aucune valeur argumentative autant pour les bibliothécaires que pour les lecteurs de ce site que nous sommes. Si vous êtes ici que pour insulter et endosser le rôle de "superpropagateur (ou -trice) de peurs et de contre-vérités (combien d'infectés dans les bibliothèques ? vous avez des chiffres ?), il vaudrait mieux vous taire.
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