Bibliothèques : la difficile équation budgétaire entre papier et ebook

Cécile Mazin - 16.02.2015

Edition - Bibliothèques - prêt numérique - bibliothèques livres - catalogue collections


En Amérique du Nord, les bibliothèques ont été priées par les éditeurs de commercialiser des livres numériques, s'ils voulaient disposer d'une offre de prêt d'ebooks. Le modèle est simple : avec l'argent public, acheter des ouvrages, et solliciter l'argent du public pour compléter les revenus. Mais cela ne suffit pas pour un établissement de prêt. 

 

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Daniel Sancho, CC BY 2.0 

 

 

La Richmond Public Library de Colombie-Britannique vient de communiquer quelques-uns des résultats de cette expérimentation. Il faut d'abord prendre en compte que l'établissement dispose de 9,37 millions $ de budget de fonctionnement. Elle a expérimenté une diminution de 25 % sur le prix des amendes, soit 67.000 € de pertes. Enfin, les salaires ont été augmentés pour le personnel, soit 289.000 $ de charges en plus. 

 

L'établissement réclame à la ville 200.000 $ pour assurer son bon fonctionnement, alors que, dans le même temps, le budget d'acquisition des collections a diminué de 33 % depuis 2009. Parvenir à acheter des ouvrages numériques, dans ce contexte, devient complexe : selon le responsable de l'établissement, Greg Buss, les ebooks sont 5 fois plus chers, en moyenne que les versions papier. 

 

« Le passage aux services numériques a eu un impact significatif sur les revenus de la bibliothèque. Une proportion croissante du budget Livre est réaffecté aux services numériques, et la qualité de la collection d'ouvrage est en baisse », note Buss. « Le budget des collections est resté constat depuis de nombreuses années et il n'est plus au niveau pour soutenir tout à la fois le papier et le numérique. »

 

D'autant plus que chaque éditeur met en place un modèle de facturation différent : chez Hachette, c'est trois fois le prix du papier, pour un nombre de prêts illimité, avec une baisse de prix, un an après la publication. Penguin propose 17.000 livres vendus entre 5,99 $, 9,99 $ et 18,99 $ selon la date de parution. Et au terme d'une année, il est impératif de racheter les livres. 

 

Chez Simon & Schuster, les conditions de prêts passent par l'obligation de mettre un lien de vente sur les ebooks, mais cette décision est largement contestée. Alors pour assurer leur service public, les bibliothèques sont dans une situation particulièrement complexe. 

 

Buss rejette l'idée de faire de l'argent avec les pénalités de retard, mais la situation, immanquablement, devient complexe. (via Richmond News)