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Bibliothèques : s'éloigner des livres pour devenir "troisième lieu"

Antoine Oury - 05.03.2014

Edition - Bibliothèques - bibliothèque - architecture - Washington DC


Si les bibliothèques n'ont plus l'apanage de l'accès à la culture, elles font toujours figure de « troisième lieu », un endroit autre que celui du travail ou de la vie privée, favorisant les rencontres et le lien social. Les recherches architecturales tendent désormais à penser ces espaces de manière différente, par rapport à la seule nécessité de stocker et de présenter des documents.

 


Le plan retenu pour la Washington DC Library, par Mecanoo Architecten et Martinez+Johnson Architecture

 

 

Le principe du troisième lieu est particulièrement apprécié par les citoyens : gratuit et ouvert à tous, il permet de fréquenter ses semblables dans une relative sérénité. Pour lire, travailler, écouter de la musique ou regarder un film : autant d'activités qui font de l'ombre à la première, à la base de la bibliothèque. À présent, les établissements mettent l'accent sur d'autres fonctionnalités, en privilégiant des espaces ouverts, à l'extérieur ou entre les murs.

 

Le projet retenu pour la refonte de la bibliothèque de Washington DC, mis au point par les cabinets Mecanoo Architecten et Martinez+Johnson Architecture, est particulièrement révélateur. Le rez-de-chaussée de l'établissement accueillera la « Salle des Innovations », dotée de murs isolants mobiles et de petites scènes, pour organiser des réunions ou des conférences à public restreint. Un espace ouvert, où le bruit ne sera pas exclu comme dans le reste du bâtiment.

 

À cet espace d'animation ouvert à tous s'ajoute un auditorium plus imposant, pour les événements à grande échelle, mais aussi un café, une librairie et un espace pour les plus jeunes, où jouer ou regarder des films. Bien entendu, la bibliothèque conserve tout de même des espaces de lecture, mais ils ne sont plus, désormais, la seule priorité.

 

 

 

 

Par ailleurs, l'établissement (de grande échelle, certes) se doit aussi de proposer un espace ouvert, une terrasse en l'occurrence. Un parking souterrain facilitera également le stationnement des usagers. Le projet a visiblement été bien accueilli, même si une polémique n'a pas tardé : les plans présentent en effet des espaces susceptibles d'accueillir des bureaux privés, et ce mélange dans les murs d'une bibliothèque privée fait tiquer. 

 

La présentation du projet de réaménagement de la New York Public Library avait de même provoqué l'ire des usagers, et même des écrivains, en suggérant la mise en place d'un café à l'intérieur de l'établissement. Si l'arrivée d'un espace privé dans un établissement public peut effrayer, il pourrait permettre de boucler les dépenses nécessaires : sur les 250 millions $ facturés pour le réaménagement de la Washington DC Library, seuls 103 millions $ seront fournis par la ville.

 

De la même manière, la possibilité de vendre des ouvrages à l'intérieur de la bibliothèque est étudiée, notamment au format numérique.