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Bibliothèques : un groupe de travail sur la diffusion du livre numérique

Antoine Oury - 13.06.2013

Edition - Bibliothèques - ebook en bibliothèque - groupe de travail - Association des bibliothécaires


Profitant du Congrès de l'Association des Bibliothécaires de France (ABF) qui s'est tenu à Lyon les 7, 8 et 9 juin derniers, la ministre de la Culture Aurélie Filippetti a annoncé la création d'un groupe de travail sur la diffusion du livre numérique. Tourné vers les bibliothèques, celui-ci sera chargé d'examiner les mesures à mettre en place pour faciliter l'entrée de l'ebook dans les établissements, rapporte la Gazette des communes.

 

 

Nicolas Georges, aux Rencontres Nationales de la Librairie (juin 2013)

Crédit ActuaLitté

 

 

Ce groupe de travail sera composé de représentants de l'État, d'éditeurs, d'auteurs, de bibliothécaires, d'agrégateurs, de libraires et d'éditeurs, mais pas d'usagers. D'après les déclarations d'Aurélie Filippetti, qui s'est exprimée par vidéo lors du Congrès, et de Nicolas Georges, directeur du Service du livre et de la lecture du ministère, le groupe de travail sera organisé autour de 4 axes principaux :

  • les technologies
  • le droit
  • les usages
  • le financement

Les premières réflexions porteront autour de la structure d'acheminement des livres numériques, pour le moment tortueuse et contraignante. En raison de la multiplicité des offres et des portails d'accès, prêter un ebook se révèle souvent synonyme de casse-tête pour des bibliothécaires qui ne sont pas techniciens. « L'usager ne doit pas avoir de questions à se poser », a par ailleurs souligné Nicolas Georges.

 

Le groupe de travail planchera également sur le statut de l'ebook, et les droits d'utilisation liés à son achat : ce sont eux qui décideront quelles limitations pourront être ajoutées au prêt du livre numérique, des DRM à la chronodégradabilité des fichiers, pour limiter les prêts et leur durée. µLes modalités des prêts (à distance, téléchargement ou streaming) seront également au centre des discussions.

 

Dernier volet, et non des moindres, la question du coût de l'offre auprès des établissements : le service du livre et de la lecture a insisté sur le concept de « rareté du livre », afin que les prix d'acquisition ne soient pas trop douloureux pour les établissements. « Pour que les bibliothèques municipales et départementales puissent suivre, il faudra réintroduire un peu de rareté du livre. Ce qui suppose des choses comme la chronologie des médias ou la chrono dégradabilité des ouvrages, etc., des pratiques que les bibliothécaires acceptent plus ou moins », a expliqué Nicolas Georges.

 

Pour accélérer le mouvement, le ministère demandera au Centre National du Livre d'octroyer les aides publiques aux éditeurs en fonction de l'offre numérique en bibliothèque, en attachant un soin particulier à l'accès aux publics empêchés de lire. Les travaux du groupe de travail aboutiront fin 2013, avec la rédaction d'un « memorandum-cadre sur les pratiques acceptables ».