Bibliothérapie : ces livres qui changent la vie

Clément Solym - 17.03.2012

Edition - Société - bibliothérapie - lecture thérapeutique - psychologie


Le Salon du Livre de Paris fête l'amour des mots. Quel meilleur écrin pouvait-on trouver pour célébrer un de leurs aspects moins connus : La lecture thérapeutique. « Une parole vraie » qui permet d'enchaîner de ressenti en ressenti sans jamais juger.

 

L'auteur et journaliste Flavia Mazelin-Salvi relate lors d'une conférence le vécu du cercle de parole qu'elle a constitué avec quelques amis corses. D'abord simple échange entre bibliophiles, le partage autour du livre s'apparente bientôt à un retour à soi.

 

« Il s'agit d'explorer les zones d'ombres en soi pour établir de meilleures relations avec les autres », le monstre sacré du développement personnel Jacques Salomé n'en dit pas moins. La rencontre marquante avec le livre se fait dans le contexte d'une famille pauvre où gamin il découvre le geste populaire des Pardaillan de Zévaco. Tombé dans la lecture, il confesse découvrir le courage, l'engagement, la parole donnée et quelques-uns des mystères de l'amour.

 

(de g. à d. Jacques Salomé, le modérateur Arnaud de Saint Simon,

Flavia Mazelin-Salvi, Alain Golomb)

 

 

On pourrait sourire d'une anecdote d'homme mûr, mais le psychosociologue qui pèse 64 livres creuse l'introspection et fait l'éloge de la sincérité. Le roman favorise une parole plus subjective, plus émotionnelle, faite d'expérience. Pas étonnant dès lors qu'en plus des coachs des médecins s'en emparent.

 

Si on ne peut pas parler de bibliothérapeutes, un responsable de service d'addictologie dans un grand hôpital parisien avoue qu'« il est très important quand on est bloqué dans une impasse existentielle d'aller au livre », rapporte Salomé. Si le livre est « le miroir le plus rassurant », fameux pour son processus d'identification, les intervenants tempèrent son effet sans accompagnement.

 

Un gain de temps dans la reconstruction personnelle, certes, mais s' « ils nous bousculent, il reste un travail personnel à faire », assure Alain Golomb, auteur du Petit guide des lectures qui aident à vivre.

Car danger il y a. « Attendons-nous que les livres nous confortent dans notre immaturité, à ne pas vivre nos vies ? », met en garde Salomé.

 

Golomb tempère lorsqu'il évoque le Lièvre de Vatanen, « une histoire dans laquelle le personnage se met à vivre ». « Oui, certaines nous confortent, d'autres nous font voir d'autres vies. Nous nous encroûtions, elles nous labourent, nous ensemencent. » La rémission peut commencer.