Biélorussie : l'écrivain Vladimir Nekliaev définitivement libre

Nicolas Gary - 07.08.2013

Edition - International - Vladimir Nekliaev - élections présidentielles - Biélorussie


L'information semble être passée inaperçue, mais le poète et écrivain biélorusse Vladimir Nekliaev, âgé de 67 ans, vient de voir sa condamnation à deux années de prison annulée par un tribunal du pays. Selon le PEN international, c'est une grande nouvelle pour la liberté d'expression. 

 

 

 

 

Suite aux élections en Biélorussie, le 19 décembre 2010, le poète avait été arrêté pour son rôle dans les protestations qui ont suivi la présidentielle, avait dénoncé Amnesty International. Il avait été sérieusement molesté et battu par des hommes qui n'ont pas été identifiés. 

 

Immédiatement, le PEN biélorusse avait réagi en réclamant que le lieu de sa détention soit dévoilé, et qu'on lui fournisse les soins nécessaires. Un mois plus tard, le 28 janvier, il fut transféré de la prison à son domicile, assigné à résidence, sans avoir reçu le moindre traitement médical. Le 6 janvier, un premier refus lui avait été signifié, suite à une première demande.  

 

Au cours de ces élections, Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, avait affirmé qu'il était réélu, par une large majorité, avant même que les résultats officiels ne soient connus. Ce 19 décembre, près de 10.000 personnes avaient convergé vers le centre de la ville de Minsk pour protester contre le résultat présenté.

 

Avec une dizaine d'autres personnes issues de groupes de protestations, Nekliaev avait alors été arrêté.  Il était l'opposant premier au président sortant, et avait fondé un parti politique baptisé « Dis la vérité », pour tenter de contrer les élections bouclées par avance. Il réclamait notamment un scrutin équitable, et plus de liberté dans le pays.

 

Lors de son transfert à son domicile, le poète fut assigné à résidence, avec deux agents du KGB vivant en permanence à ses côtés. Il avait l'interdiction formelle de lire les journaux, d'utiliser internet ou de se servir du téléphone. Depuis ce moment, il était inculpé, en vertu de l'article 293 du Code criminel de Biélorussie, pour organisation d'émeutes. 

 

Marian Botsford Fraser, président du PEN International, se félicite de ce retour de la justice et de la libération « désormais inconditionnelle » de l'écrivain.


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