Biélorussie : l'éditeur Belorousskaïa Naouka dans le viseur des autorités

Antoine Oury - 08.08.2018

Edition - International - Belorousskaïa Naouka éditeur - Biélorussie Belorousskaïa Naouka - Bélarus éditeur


En Biélorussie, ou Bélarus, les autorités ont indiqué avoir procédé à plusieurs interpellations, dans le cadre d'une enquête. Un peu moins d'une dizaine de personnes, employées par deux médias indépendants, ont été placées en garde à vue, tandis que des collaborateurs de la maison d’édition scientifique Belorousskaïa Naouka sont eux aussi entendus par la police.


war memorial
Monument aux morts à Brest, en Biélorussie (photo d'illustration, Maks Karochkin, CC BY 2.0)
 


Toutes les personnes interpellées sont accusées d'avoir eu accès à des dépêches de l'agence officielle BelTA en utilisant les identifiants d'un autre abonné, un acte que les autorités qualifient d'« accès non autorisé à des données informatiques, à des fins personnelles, qui ont causé un préjudice significatif ». Deux médias indépendants ont vu leurs locaux investis par la police, BelaPAN et le site d’information Tut.by.

 

La rédactrice en chef de Tut.by, Maryna Zolatava, ses collègues Hanna Kaltyhina et Halina Oulassik, ainsi que la correspondante de BelaPAN Tatsyana Karaviankova ont immédiatement été placées en garde à vue, indique l’ONG Reporters Sans Frontières. D'autres interpellations ont visiblement eu lieu ce mardi 7 août, dans l'après-midi.

 

La peine encourue par les personnes soupçonnées peut aller jusqu'à deux ans de prison, une sentence qui parait excessive à de nombreux observateurs. « Ces perquisitions, qui compromettent la protection des sources journalistiques, sont totalement disproportionnées au regard des accusations », souligne Johann Bihr, responsable du bureau Europe de l’Est et Asie centrale de RSF. « Difficile d’y voir autre chose que des mesures d’intimidation à l’encontre de médias indépendants de référence, dans un contexte de pressions accrues contre les voix critiques. Nous appelons les autorités bélarusses à laisser les journalistes faire leur travail librement. »

 

La Biélorussie occupe la 155e place du Classement mondial de la liberté de la presse 2018, établi par RSF, sur 180.

 

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La maison d'édition scientifique Belorousskaïa Naouka a aussi été citée par les enquêteurs : deux de ses collaborateurs auraient eux aussi eu accès à des dépêches officielles par l'intermédiaire d'un autre compte que le leur.

 

« La loi doit être respectée, mais les enquêtes ne nécessitent pas toujours des interpellations, qui ne doivent survenir qu'en dernier recours », a souligné Daniel Holtgen, porte-parole pour le conseil général du Conseil de l'Europe. « Nous demandons aux enquêteurs bélarusses de mener des investigations rapides et transparentes. »




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