Birds of America, d'Audubon : le livre à 6 millions £... vendu 100 £

Clément Solym - 17.09.2010

Edition - Economie - audubon - oiseaux - birds


La vente aux enchères du livre le plus cher au monde, Birds of America, d'Audubon, va provoquer une émeute. Ce livre estimé 6 millions £ partira sous les coups de marteau de la maison Sotheby's fin décembre...

Mais en attendant, une nouvelle vient de tomber qui va donner envie de se trancher une ou deux mains. Voire celles de son voisin juste avant. Les oiseaux, d'Audubon, ce sont 435 gravures, pour un livre qui mesure 90 cm de hauteur sur 60 de longueur. Autremernt dit, une véritable force de la nature, ce livre. Et dire que dans les années 1820, son auteur a eu toutes les peines du monde à lui trouver un éditeur...


C'est là que le bat va blesser : les collectionneurs savent qu'aujourd'hui, pour une somme comprise entre 4 et 6 millions £¨, ils peuvent rêver d'emporter l'ouvrage. En 1871, une autre vente aux s'est tenue à Geelong, en Australie - la plus grande ville de l'État de Victoria, après Melbourne. William Stallard, principal de collège, proposait de vendre à la bibliothèque publique de Melbourne un des fameux exemplaires de ces oiseaux... pour 200 £. L'établissement refusa : trop cher.

Définitivement, ce livre s'est fait un nom par les petites légendes qui peuplent son histoire. Réalisé sur une période de 18 années de labeur, vendu à 190 personnes dans le monde, il n'en resterait plus à travers la planète que 120 exemplaires. Et cerise sur le gâteau, explique-t-on : « Tous les volumes éparpillés dans le monde de cet ouvrage sont différents. Chacun appartient à son acheteur qui a pu choisir, dans quel ordre il souhaitait que les images soient reliées. »

Ah, oui, conclusion de la petite histoire du principal de collège qui vendit son exemplaire : la bibliothèque de Melbourne lui acheta pour 100 £. L'affaire était démente pour la bibliothèque de l'État qui aujourd'hui compte parmi les quelques établissements à disposer du sien.

Quelle belle plus-value à organiser...

Dommage surtout que le grand public ne puisse y avoir facilement accès...