Black Friday : Amazon incarne les dérives de la surconsommation

Victor De Sepausy - 26.11.2019

Edition - Economie - Black Friday - consommation internet - clients réduction


Choisir son camp : quand même des pharmaciens vous annoncent qu’ils prennent part au Black Friday, il convient de se poser et réfléchir. Cette année, la levée de boucliers est pourtant farouche : se multiplient ici et là des tribunes, études et autres incitations à boycotter Amazon, voire le principe même. Car ce modèle de surconsommation ne saurait représenter ce qu’une société a de meilleur.



Quoi de plus symbolique qu’Amazon pour incarner le néolibéralisme moderne, celui qui se dissimule derrière les algorithmes et les big data ? Dans une tribune diffusée le 15 novembre, un collectif réunissant ONG, intellectuels et écrivains, les pratiques de la marque sont condamnées.
 

Amazon, un vendredi bien noir en perspective


« On estime que pour un emploi créé par la firme de Jeff Bezos, deux emplois sont détruits dans le secteur commercial. Les salariés d’Amazon, dont de nombreux intérimaires, enchaînent des tâches cadencées par les algorithmes de leurs scanners. » Un texte qui faisait amplement écho à l’initiative Stop Amazon, portée par le collectif Attac, pétition virulente à l’appui.

Sur cette question de la destruction des emplois, l’ancien secrétaire d’État au numérique et député de Paris, Mounir Mahjoubi, amplement soutenu par le syndicat de la librairie indépendante, avait frappé fort. « Le SLF rappelle que les librairies indépendantes, à chiffre d’affaires équivalent, génèrent 18 fois plus d’emplois qu’Amazon », indiquait-il 

Cependant, certains rappellent que l’action de Mounir Mahjoubi contre Amazon, lorsqu’il était en responsabilité, n’avait pas été des plus décisives. Une prise de conscience tardive, peut-être ?
 

Pollution, fiscalité, largesses... n'en jetez plus


Dans Libération, ce sont les documents également présentés par Les amis de la Terre et Solidaires qui sont évoqués. Les deux ONG, en plus d’Attac, mettent en cause sur une soixantaine de pages les pratiques du cybermarchand.

Optimisation fiscale à tout crin, versement au titre du CICE — le crédit d’impôt français pour la compétitivité des entreprises — à la hauteur de 5,6 millions € ou encore bilan carbone catastrophique — l’équivalent d’un État aux proportions de la Bolivie.

Pas certain que la démarche parvienne à tailler les croupières d’Amazon, mais le ton est donné : s’il ne s’agit pas d’appeler au boycott du Black Friday en soi, les organisateurs veulent que le public prenne conscience de ses actions.

Notons que l’entreprise s’était mollement défendue, arguant de ce que le rapport d’Attac « comporte de très nombreuses erreurs factuelles et spéculations sans fondement ». Mais sans apporter plus d’éléments de preuve.

« 21 millions de Français ont consommé chez Amazon l’an dernier. Il ne s’agit pas de les culpabiliser. Nous souhaitons surtout mettre la pression sur le gouvernement », indique Raphaël Pradeau, porte-parole d’Attac. Consommer, c’est voter, en somme.
 

Du Black au Fair Friday


 l’instar de l’an passé, la Suisse remet en route son Fair Friday : près de 124 magasins dans tout le territoire romand joueront le jeu ce 29 et 30 novembre – indépendants aussi bien qu’enseignes. Leur position est simple : rejeter l’opération mercantile que représente le Black Friday, qui n’a aucune attache territoriale ni culturelle, pour rappeler quelques évidences sociétales.

En effet, « plus d’un demi-million de personnes, dont 100.000 enfants, sont en situation de pauvreté » en Suisse. Fair Friday s’associe au programma Caritas, pour collecter des fonds durant les deux journées. Cet argent servira à alimenter des programmes de formation et d’insertion professionnelle à travers différentes villes.

L’an passé, 35.836 francs suisses avaient été collectés, simplement en proposant aux clients d’arrondir leurs achats au montant supérieur, pour faire un don.

« Cette opération commerciale est une incitation à l’hyperconsommation que nous jugeons inadaptée à une époque où le développement durable, l’éthique et la “consommation raisonnée” constituent des priorités sociétales majeures », indique pour sa part l’enseigne de librairies Payot qui avait imaginé et créé le Fair Friday en 2018, appelant d'autres sociétés à y participer. 
 

Renouer avec une saine consommation


Une approche que l’on retrouve notamment en France à travers le mouvement qu’a cofondé Nicolas Rohr, directeur de la marque de vêtements Faguo, Make Friday green again. Cette dernière se veut une alternative invitant à une consommation plus responsable et impliquant 450 marques en France.

Une idée à creuser, surtout si l’on se réfère à l’enquête de l’UFC Que Choisir ? de 2018, où le principe du Black Friday était associé à une campagne de « fausses promotions» à travers les sites marchands.


Commentaires
J'aimerais une PS4 pour Black Friday mais j'ai plus le temps de jouer donc je m'en passe, pas de Black Friday 2019 pour moi (je sais pas si c'est à cause de Black Friday mais je me suis acheté Les Morfalous à 15€ contre 20€ d'habitude).
(j'ai pris aussi L'Héritage des 500 000, je sais même pas si c'est dans le cadre de Black Friday la baisse de prix ou une baisse normale).
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