Blonde, brune ou rousse… Au Québec, la bière accompagne les lectures

Justine Souque - 08.01.2016

Edition - Librairies - bière lectures - Québec librairie


L’auteur éditeur Michel Vézina et le libraire Maxime Nadeau sont amateurs de littérature et de bière. Pourquoi ne pas concilier les deux et en faire commerce ? Qu’à cela ne tienne, le concept de la librairie ambulante Le Buvard — à prendre au sens propre et figuré – qui fut apprécié pendant l’été 2015 se sédentarise à Gould, et se rebaptise Le Salon. 

 

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"Bidon et col du bidon pour préparer la levûre de biêre, dans le procédé Pasteur"

FDCTSevilla, CC BY 2.0

 

 

Dans son interview accordée au journal québécois Le Devoir, Michel Vézina fait part des motivations du binôme. Installés à Gould, dans les Cantons de l’Est, région située au sud-ouest du Québec, ils souhaitent tous deux décentraliser l’activité littéraire victime de « montréalocentrisme » et la rendre plus conviviale, afin d’inviter le plus grand nombre de Québécois à la lecture.

 

Une initiative qui leur permet également de donner un nouveau souffle au métier de libraire qui — dans la région, mais aussi dans l’ensemble du Québec — est vampirisé par les grandes enseignes telles que Renaud-Bray ou Archambault.  

 

L’idée doit d’ailleurs être dans l’air du temps : dernièrement, la chaîne de librairie américaine Barnes & Noble a acheté une licence pour que soit autorisée la vente d’alcool dans ses établissements – vins et bières, plus spécifiquement.

 

La demande a été déposée à la fin du mois de décembre dernier, et le vendeur de livres attend désormais de savoir s’il peut faire de la place pour une tireuse sur le comptoir. Si le permis est octroyé, c’est évidemment à New York que la première librairie-bar verra le jour.

 

Au Salon, environ 5000 titres seront proposés à la clientèle de lecteurs. Pour l’instant, l’ouverture est prévue de mai à septembre, avec un rythme hebdomadaire qui devrait être de plus en plus régulier. La librairie ambulante, elle, continuera de sillonner les routes des Cantons-de-l’Est. 

 

La programmation du Salon s’annonce des plus originales avec, dès le 9 janvier, les Soirées du hockey poétiques. Mêler sport national, bonne bière et lyrisme, un idéal qui ajoute quelques bulles au proverbe Mens sana in corpore sano ! « Le samedi soir, on présente la game [NDLR : l’équipe], mais, au lieu d’écouter les commentaires entre les périodes, on va écouter un poète invité […] qui va aussi, s’il le veut, écrire un texte pendant le match et nous le livrer ensuite », précise Michel Vézina dans Le Devoir

 

Le Buvard et Le Salon, deux rendez-vous pour se faire doublement plaisir, et trinquer avec son libraire ! 

 

À la vôtre. 

 

(via Le Devoir)