BnF : direction et syndicats demandent l'arrêt des suppressions de postes

Joséphine Leroy - 27.04.2016

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Lors d’une assemblée générale de la CGT-BnF, le syndicat est revenu sur la grève de demain, jeudi 28 avril, qui marque à nouveau une opposition contre la Loi Travail. Le syndicat s'était déjà mobilisé fin mars contre cette loi. Depuis, la CGT-BnF estime que « le gouvernement recule sur la loi Travail » et que « les revendications de la BnF avancent ». Il appelle donc à poursuivre et « amplifier » la mobilisation. La première organisation syndicale de la BnF a par ailleurs évoqué la difficulté des conditions de travail au sein de l'établissement public et le boycott du premier comité technique tenu par la nouvelle présidente de la BnF, Laurence Engel. 

 

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(Manuel Sanfuentes /  CC BY-NC 2.0)

 

 

Le syndicat se tient aux côtés des étudiants, chômeurs, intermittents qui s’opposent à la Loi Travail. Mais leur combat, en interne, porte sur les mauvaises conditions de travail. « Notre boycott porte sur ce point précis : le mal-être au travail, le burn-out» Si le syndicat reconnaît que la directrice de l’établissement, Sylviane Tarsot-Gillery, tente de mettre en œuvre des plans d’action, « elle manque de moyens financiers et humains », notamment à cause des coupes budgétaires continues, en cours « depuis 7 ans ». À la BnF, le manque d’effectifs empêche le bon fonctionnement du travail. Et si la directrice écoute et comprend les revendications, elle ne peut rien faire. 

 

Depuis quelques années, sous la présidence de Bruno Racine, le ministère avait demandé à la BnF de mettre en place des contrats de performance, formalisant les perspectives et les priorités stratégiques afin de renouveler la Bibliothèque. Mais l’investissement que demande une telle mise en place conduit à une surcharge de travail disproportionnée aux effectifs. « La direction, avec l’appui des organisations syndicales, demande au ministère d’arrêter les suppressions de poste [environ 270, NdR]. Les suppressions ne cessent de continuer. » La BnF prévoit cette année 18 suppressions de postes. L’année dernière, il y en avait eu 17. 

 

Autre combat des syndicalistes : le sort des agents vacataires. Les « vacataires » aident pour le service public et suppléent les agents manquants, « en nombre important ». Mais leurs conditions de travail sont encore plus difficiles et leurs contrats comportent très peu d’avantages. Ils sont courts et mal rémunérés : « Ils ont des CDD, au mieux des CDI d’environ 80h/90h par mois. Ce ne sont même pas des étudiants. Ce sont des agents qui ont beaucoup d’ancienneté et qui ne trouvent pas de meilleur travail, ici ou ailleurs. Ces agents sont précaires. » 

 

L'instruction ministérielle de 2015 sur la gestion des contractuels

 

Le 27 juillet 2015, le ministère de la Culture, sous l’égide de l’ancienne ministre Fleur Pellerin, avait entamé une instruction ministérielle sur la gestion des contractuels. Les statistiques comptaient « 47 % agents contractuels et beaucoup de précaires », selon la CGT-BnF. Dans l’instruction, le ministère « voulait adopter une doctrine de gestion pour ces agents contractuels, les sécuriser dans l’emploi. Le ministère proposait que les agents vacataires passent sur des contrats de 110 heures. »

 

Des canards à la BnF

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Une proposition qui n’a pas pu être intégrée à la BnF, faute de moyens. « La BnF nous dit que c’est impossible de faire ainsi. Il y a une incohérence entre les politiques du ministère et celles des établissements publics. » Les magasiniers, « cheville ouvrière de la BnF », sont ceux qui « souffrent le plus dans l’établissement », selon le syndicat. 

 

Le dialogue avec le ministère ne mène pour le moment pas à grand-chose. À la suite du préavis de grève, la direction de la BnF a été reçue par le ministère sur les revendications, mais les contraintes budgétaires ont de nouveau été utilisées comme fin de non-recevoir.