Bnf : la FSU réclame des comptes sur la numérisation par Jouve

Clément Solym - 08.02.2012

Edition - Bibliothèques - numérisation - BnF - Jouve


Suite à l'enquête menée par ActuaLitté concernant le marché public obtenu par la société Jouve, visant à la numérisation de 70.000 oeuvres de la BnF sous trois ans, le syndicat FSU s'inquiète des conclusions présentées dans ces articles.

 

Le projet de numérisation de masse, pour un montant de 6 millions € soulève en effet de nombreuses questions, que ce soit pour l'aspect quantitatif du rendu, ou qualitatif. Confirmant certaines informations obtenues par ActuaLitté, le FSU fait en effet état de dégradations des livres envoyés à la numérisation, mais également d'une difficulté du prestataire à livrer les oeuvres numérisées et les fichiers définitifs.

 

« Cette incapacité à faire face aux flux de documents était encore connue. Mais pourquoi, alors que l'ensemble des indicateurs étaient au rouge depuis le début de la phase de test, cette dernière a été validée par la direction de la BnF de manière incompréhensible le 10 octobre 2011 ? », s'interroge le syndicat.

 

 

 

« Les réponses lénifiantes apportées par la direction de la BnF aux questions des journalistes ne laissent pas d'interroger.Comment, en effet, nier la réalité d'un dérapage généralisé et renouveler sa confiance à Jouve quand ce dernier continue de saccager les livres fragiles qui lui sont confiés et n'a, de surcroît, traité que moins de 0,5% du total du marché de numérisation ? »

 

Et de conclure : « Aujourd'hui, la section FSU de la BnF est en mesure d'affirmer que la numérisation est en échec à la BnF. »

 

ActuaLitté a pris contact par ailleurs avec les responsables de Jouve et de la BnF, pour tenter d'obtenir de plus amples réponses sur ces différents sujets. Précédemment, nous n'avions en effet reçu que des commentaires assez peu convaincants - et moins encore convaincus.

 

« Le nouveau marché avec Jouve est très exigeant sur la qualité et la quantité de la numérisation. C'est pourquoi il prévoit un temps de montée en charge et de rodage important. La BnF fait confiance à Jouve pour régler les problèmes qui ont pu ou peuvent survenir dans un processus aussi complexe.Le soutien que Jouve apporte au Labo de la BnF est postérieur d'un an à l'attribution du marché de numérisation. Il est indépendant et sans incidence sur les exigences de ce marché. » 

 

D'autre part, et afin de comprendre ce qui empêche l'établissement de dénoncer un marché qui semble avoir du plomb dans l'aile, ActuaLitté a également pris contact avec le ministère de la Culture, pour interroger le service Livre et Lecture, sur les résultats de cette numérisation. 

 

Pour l'heure, aucun de ces trois acteurs n'a répondu à nos sollicitations.