BnF : Le site François Mitterand face aux dégâts des eaux

Julien Helmlinger - 16.01.2014

Edition - Bibliothèques - BnF - Inondation - Syndicats


Le patrimoine prend l'eau. Alors qu'une importante inondation a été constatée sur le site François Mitterrand de la BnF, le dimanche 12 janvier, dans l'après-midi, visiblement suite à une défaillance de canalisation, des agents ont immédiatement été mobilisés sur les lieux afin de sauver les ouvrages menacés. De nombreux titres issus des collections du Département littérature et arts seraient plus ou moins endommagés, et tandis qu'ils ont été mis à sécher dans les salles de lecture, comme dans le gymnase, ce dernier aurait subi à son tour un autre dégât des eaux. 

 

 

ActuaLitté, CC BY SA 2.0 

 

 

Selon les syndicats, l'inondation de ce dimanche constituait l'incident de trop. Le dernier communiqué en date de la CGT, parvenu à la rédaction aujourd'hui, rappelle qu'il s'agissait non moins de la cinquième en l'espace d'une seule décennie. L'organisme syndical en attribue les causes principales à la baisse des subventions du ministère de la Culture, moins de 10 millions entre 2010 et 2013, ainsi qu'aux choix budgétaires pris en conséquence par la direction de la BnF.

 

Cette dernière en serait réduite à décaler, voire abandonner, des projets essentiels au bon fonctionnement des sites de l'institution. Avec, note le syndicat, des conséquences graves mettant en péril les collections conservées par la BnF, et aggravant les conditions de travail de ses agents. Fait également débat la dépense de 5,4 millions d'euros dans la réforme de la bibliothèque d'étude à Tolbiac, quand l'argent aurait pu servir à la sécurité des collections.

 

Ceci en dépit des mises en garde. La FSU rappelait en début de semaine qu'un audit avait été réalisé en 2007, soulignant la vétusté des infrastructures liées à la circulation d'eau, impliquant une intervention de la Direction des moyens techniques. Des préconisations avaient été faites, mais qui n'auront pas été suivies. La CGT explique que l'incident de dimanche serait dû au fait que : si l'établissement avait changé l'ensemble du réseau principal d'alimentation en eau par des tuyaux en fonte, en revanche, faute de moyens financiers, le réseau secondaire est resté en PVC.

 

Positions tranchées entre syndicats et direction

 

Concernant les dégâts à proprement dit, les estimations divergent selon qu'elles proviennent de la direction ou les syndicats, désaccord suscitant de véritables tensions. On accuse d'un côté les syndicats d'exagérer les chiffres quand ces derniers reprochent à la direction de minimiser les dégâts. Si pour les dirigeants « le sinistre n'entraînera pas de pertes irrémédiables pour le patrimoine », en revanche, pour Jean-François Besançon, secrétaire de la section syndicale contacté par ActuaLitté, la situation est « assez grave, on peut parler de véritable catastrophe ». 

 

« La direction de la BnF, consciente de la gravité de cet incident, a tout mis en œuvre dès le premier soir et les jours suivants pour y faire face, grâce à l'engagement, à la compétence et au savoir-faire de ses agents, en particulier les personnels de la conservation », peut-on tout de même apprendre dans un communiqué.

 

Aujourd'hui, la BnF a fait état de sa volonté de communiquer en évoquant un sinistre qui aurait touché 3 magasins de stockage sur les 180 compris par le site, près de 12.000 ouvrages endommagés sur près de 2 millions conservés au sein du département, et dont près de la moitié auront réintégré les magasins d'ici la fin de la semaine. Elle ajoute que 1500 devront subir des traitements particuliers après congélation et que ces ouvrages sont majoritairement postérieurs à 1850.

 

Les chiffres donnés lors du CHSCT ce mardi, selon la CGT, font état de 25 mètres cubes d'eau qui auraient été déversés lors de la rupture de la canalisation, sur quatre niveaux de magasins,dont il aura fallu extraire quelque 840 mètres linéaires correspondants à plus de 35.000 ouvrages. Un bilan qui invaliderait les estimations de la direction selon les syndicats.

 

Jean-François Besançon ajoute : « On a été pris à parti par la direction, on nous a demandé de ne pas gonfler les chiffres, mais la situation a changé maintenant que les médias ont relayé l'affaire et la direction devra bien changer de position. On peut chiffrer à 35.000 et non pas 10 ou à 12.000 comme on voudrait le faire croire, ni même 120.000 comme j'ai pu lire ailleurs. Maintenant, le gymnase dans lequel des livres ont été mis à sécher est désormais vide, il y aurait eu une nouvelle inondation dans la salle de sport, à croire que la BnF a un véritable problème avec l'eau. »

 

De nouvelles informations devraient être diffusées d'ici demain selon FSU qui prévoit de publier un nouveau communiqué. Du côté de la direction, on affirme désormais que le dégel de crédits d'investissement accordé fin 2013 par le ministère de la Culture permettra d'accélérer la mise en conformité des réseaux dès cette année 2014.




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