BnF : ReLIRE sert à "éviter d'avoir à renégocier chaque contrat d'édition"

Clément Solym - 12.08.2013

Edition - Bibliothèques - BnF - bilan d'activités - registre ReLIRE


Le rapport d'activité de la BnF sur l'année 2012 vient de tomber, et tous les services sont passés en revue : collections, patrimoine immobilier, rayonnement, mais également bibliothèque numérique, publics et gouvernance. Pour résumer l'année 2012 en trois chiffres, le président de la BnF, Bruno Racine annonce 2,1 millions de documents dans Gallica, 1700 donateurs pour l'acquisition du livre d'Heures de Jeanne de France et 30 millions, non pas d'amis, mais de notices dans le catalogue collectif de France. 

 

 

 

 

Dans son mot, le président souligne les actuelles difficultés économiques, que l'établissement a su dépasser. « Si la hausse la plus remarquable, cette année encore, concerne la fréquentation de Gallica, les salles de lecture ont elles aussi connu des résultats encourageants, tout comme les expositions temporaires », relève-t-il. Il présente cependant 2,5 millions dans Galica, et non 2,1 millions comme l'annonce le rapport.

 

Reste que Gallica est une machine bien déclinée, en matière d'application, « permettant l'accès à plus de 200 000 documents numérisés sous droits ». Et ce, via l'interface Gallica intra muros. Une offre en croissance, alors que plus de 35.000 visiteurs chaque jour pratiquent Gallica, au travers principalement des appli iPad et Android.  

 

Or, parmi les grandes activités de la BnF, l'année 2012 aura été, suite à la loi du 1er mars, celle de ReLIRE, ou de l'exploitation numériques des oeuvres indisponibles du XXe siècle. ReLIRE, ou Registre des livres indisponibles en réédition électronique, doit aboutir à la numérisation de 500.000 livres sous droit du XXe siècle, qui ne sont aujourd'hui plus exploités - avec toutes les complications que cela implique. 

 

S'il était encore besoin de le préciser, ReLIRE, qui se drape dans un rôle patrimonial essentiel, n'est en réalité qu'une solution législative pour aller plus vite, sans passer par les discussions qui ont logiquement lieu entre auteurs, ayants droit et éditeurs. Voilà ce que rappelle la BnF :  

Pour éviter d'avoir à renégocier chaque contrat d'édition au cas par cas, la loi aménage l'exercice ordinaire du droit d'auteur en instaurant un nouveau système de gestion collective :  la SOFIA, société de perception et de répartition des droits (SPRD), agréée par le ministère, exercera le droit de numériser et d'exploiter les livres pour le compte des auteurs, éditeurs et ayants droit.

 

Les auteurs et ayants droit qui disposent d'un droit de retrait sur les livres qui seront placés dans chacune des listes, manquent encore cruellement d'information sur ce projet. Il suffit de consulter le nombre de journalistes dédiés au monde du livre, qui n'ont presque pas, voire pas du tout entendu parler de ReLIRE, pour comprendre qu'il existe un véritable défaut d'informations. Mais après tout, puisque la législation a confortablement aménagé la situation pour ne pas avoir à prévenir qui que ce soit, ni demander d'autorisation préalable, ce défaut d'informations est assez logique.  

 

À ce jour, une première liste de 60.000 références a été présentée, et l'on ignore combien de demandes de retraits ont été formulées. Un chiffre qui aurait été très intéressant, permettant de déterminer au moins quelle est la réaction d'une partie des personnes averties. La BnF se prémunit toutefois des erreurs multiples découvertes au fil des jours : « il n'existe pas de base de données recensant de façon exhaustive la disponibilité des livres pour l'ensemble du XXe siècle. Le registre est donc perfectible, et sera amélioré de manière collaborative grâce aux demandes de correction ». 

 

Pour 2014, c'est avec la solution logicielle Arrow que se poursuivra le projet. Une méthode qui confrontera les données à celles d'Electre, permettant « de regrouper les éditions de chaque œuvre et d'en calculer la disponibilité. Le site du registre fera également l'objet de développements nouveaux et s'enrichira de fonctionnalités complémentaires ». 

 

De même, la BnF n'évoque pas les discussions « délicates » entre la Caisse des Dépôts et les acteurs de ReLIRE. Mi-mai, le rapport Lescure notait en effet que les négociations « sur le plan de financement entre la CDC, le Cercle de la librairie et les principaux éditeurs demeuraient, à la date du présent rapport, délicates ». Contactée fin juillet, la caisse des Dépôts ne souhaitait pas apporter de commentaires quant aux négociations.