Boire ou bosser pour Ricard, pas besoin de choisir !

Clément Solym - 18.07.2011

Edition - Justice - dealer - legal - ricard


Un certain Gérard, pure invention de l'esprit coluchien, s'était fait taxer d'antipatriote parce qu'il préférait fumer du hakik, là où son père aurait préféré que la consommation de pinard soit rendue « obligatoire ». Eh bien, chez Ricard, c'est désormais officiel...

Dans une affaire tranchée en juin par la cour d'appel de Paris, le plaignant, Ricard, avait attaqué en diffamation les auteurs d'un livre intitulé Dealer Légal, publié aux édition Max Milo. Selon le livre d'Éric Coder et Carol Galand, se brosse un portrait peu reluisant de cette société.
Le groupe Pernod-Ricard est l'exemple du succès international à la française. Pastis, whisky, vodka, rares sont les alcools que le n° 2 mondial ne distribue dans les bars et discothèques.
Mais la concurrence est rude et pour placer ces bouteilles, les représentants dépassent leurs limites ; afin de fraterniser avec ses acheteurs, Franck Daniel boit de plus en plus et devient, après onze ans de bons et loyaux services, une épave. .
C'est que la société ferait passer des tests de recrutement drastiques : « Certains chefs de vente, redoutables examinateurs, étaient là pour voir si oui ou non le petit tenait la route, ferait l’affaire. » (voir Libération)

Selon l'une des personnes interrogées, tenir l'alcool et savoir boire, jusqu'à plus soif, est un « critère d’embauche non écrit, mais réel ». Et si les employés ne sont plus en état de rentrer, voilà qu'on leur offre, par mesure de prudence, la chambre d'hôtel, plutôt que de les voir sillonner les routes.

Au point que la société aurait préféré, plutôt que de voir un de ses commerciaux coincé par les forces de l'ordre, qu'il aille s'offrir une cure de dégrisement dans un bois environnant...

Or, si Ricard assure ne pas poser comme condition de réussite pro la consommation d'alcool, la cour d'appel retoque et tac, en expliquant qu'aucune limite n'est donnée aux employés, pour les inciter à de ne dépasser la modération...
 

Bilan des courses, les auteurs se verront verser 2000 € au titre de remboursement des frais engagés, alors que Ricard réclamait 500.000 € de dommages-intérêts.


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