Bolivie et Pérou découvrent le Petit Prince traduit en langue aymara

Cécile Mazin - 04.05.2016

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C’est une première dans l’histoire de ce conte enchanteur : Pirinsipi wawa est la traduction en aymara du Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry. Cette langue est parlée par plus de deux millions de personnes dans les hautes terres des Andes de Bolivie, du Pérou et du Chili, mais également dans le secteur de la puna, en Argentine. C’est au professeur Roger Gonzalo Segura que le soin de cette traduction a été confié – avec deux années de travail pour y parvenir. 

 

 

 

L’ouvrage a été édité par Fabio Ares pour le design éditorial et l’éditeur Javier Merás de la maison Los Injunables. La structure rassemble une collection de différentes traductions de ce même texte, en guarani, coréen ou encore en esperanto. 

 

Roger Gonzalo, qui enseigne le quechua et l’aymara à la Pontificia Universidad Católica del Perú, a donc rendu la célèbre phrase du Renard :

 

Si tu viens, par exemple, à quatre heures de l’après-midi, dès trois heures je commencerai d’être heureux 

 

par

 

sapüru jayp'utixa pusi ura saraqataru purinintaxa, kimsa uräkipanwa k'uchisiña qallantxajaxa

 

Il faudra lui faire entièrement confiance sur la qualité du rendu. Cela dit, le traducteur affirme que, même s’il a passé deux années de travail sur cette œuvre, elle ne fut en soit pas si complexe. En effet, le roman repose sur des situations fantastiques, et le peuple Aymara était coutumier de ces choses insolites et irréelles, dans son propre patrimoine oral, et ses récits. 

 

En outre, il s’est appuyé sur une précédente traduction en quechua, Quyllur llaqtayuq wawamanta, qu’avaient réalisée depuis le texte français Lydia Cornejo et César Itier, et qui parut en 2002. 

 

Les langues aymara et quechua présentent en effet nombre de similitudes qui lui ont facilité la tâche : « Ces deux idiomes offrent des parallèles formidables dans leur morphologie, la syntaxe et la sémantique », assure-t-il à l’AFP. Les difficultés majeures, en revanche, sont venues des traductions de termes scientifiques, qu’il a finalement décidé d’emprunter directement au castillan. 

 

Les mots sportifs, tirés de l’anglais, comme l’anglais ou le bridge ont été conservés dans leur langue originale, avec une note pour expliquer en aymara et contextualiser le terme. 

 

La première vague de diffusion se fera avec quelque 500 exemplaires qui devraient être distribués dans les écoles des zones géographiques où les élèves parlent l’aymara. Des bibliothèques et universités s’en empareront par la suite, comme à Lima et Puno. En outre, l’ouvrage comportera également une carte présentant les espaces où l’aymara est parlé.