Bolloré perd (encore) un procès contre un journaliste de France Inter

Maxim Simonienko - 14.05.2019

Edition - Justice - bolloré action diffamation - bolloré procès france inter - informer n'est pas un délit


Vendredi 10 mai 2019, à Paris, le groupe Bolloré a perdu une action en diffamation contre le journaliste de France Inter Benoît Collombat et l’ancienne directrice des éditions Calmann-Lévy Florence Sultan. L'action portait sur un texte publié dans un ouvrage collectif intitulé Informer n’est pas un délit. L'ouvrage mettait d'ailleurs en cause les poursuites jugées « excessives » engagées par Vincent Bolloré et son groupe contre la presse.
 
Vincent Bolloré (Copyleft - CC BY 3.0)
 
 
Publié en 2015, le livre est composé de onze autres textes rédigés par d'autres journalistes. Ces derniers reprochaient au groupe Bolloré d'utiliser la stratégie des « filets dérivants » contre les médias. En d'autres termes, la stratégie utilisée par le groupe sanctionne de manière excessive l'ensemble d'un reportage et des salariés qui y ont collaboré. 

Le journaliste Benoît Collombat a notamment pointé du doigt les poursuites engagées par le groupe à l'encontre des extraits diffusés d'un reportage de 40 minutes diffusé en mars 2009 sur France Inter et intitulé Cameroun, l'empire noir de Vincent Bolloré. L'année suivante, la radio et son journaliste furent condamnés pour diffamation. 

Cependant, vendredi dernier, les mésaventures de France Inter ne se sont pas répétées. Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé Benoît Collombat et Florence Sultan, en admettant que « les propos visés n'étaient pas diffamatoires ». Il a cependant condamné le groupe Bolloré pour « abus de constitution de partie civile ». De plus, le groupe du patron de Canal+ devra verser 9000 € au journaliste, et 1000 € à l'éditrice en réparation de leur préjudice moral. 

Le jugement a par ailleurs souligné que cette action en diffamation « a entraîné une procédure de plusieurs années, la préparation du procès et la comparution de Benoît Collombat à deux demi-journées et un début d'après-midi d'audience et ce, pour répondre en partie de propos déjà jugés en 2010, après trois journées d'audiences en 2009 et 2010, lui faisant ainsi revivre ce qu'il a qualifié d'épreuve », rapporte l'AFP.
 
 
Le milliardaire Vincent Bolloré et son groupe sont devenus, année, après année, des habitués des procédures à l'encontre de journalistes ou de médias. Au début du mois de mars 2019, le groupe subit une condamnation pour procédure abusive contre le journaliste Nicolas Vescovacci, auteur du livre Vincent tout-puissant. 

Le 27 mars 2019, même sanction : l'homme d'affaires est condamné en appel pour « procédure abusive » face à France Télévisions, à qui il réclamait 50 millions d'euros après la diffusion d’une enquête-portrait sur sa personne.



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