Bondage, pipi-caca, racisme, injures : ah, les belles bibliothèques !

Clément Solym - 16.04.2013

Edition - Bibliothèques - livres censurés - bibliothèques - puritanisme


L'American Library Association vient, comme chaque année, de publier la liste des ouvrages qui sont interdits de cité sur le territoire américain. La Top Ten List of Frequently Challenged Books in 2012, n'est pas particulièrement étonnante. Une liste constituée à partir de différentes sources officielles, officiellement compilées, et faisant état des plaintes de parents, d'enseignants, ou du grand public, adressées aux bibliothèques américaines. 

 

 


 

 

Le tout premier titre, signé Dav Pilkey, est bien connu des bibliothèques : en août 2010, avec 45 millions d'exemplaires vendus, l'histoire du Captain Underpants était saluée, et surtout, parce qu'elle faisait lire les petits garçons. « J'ai eu beaucoup de problèmes de lecture quand j'étais gamin. Je me souviens encore de m'être senti idiot parce que je ne pouvais pas très bien lire, et je n'oublierai jamais la torture d'avoir à parcourir des centaines de livres dans la bibliothèque à essayer de trouver celui qui me paraîtrait intéressant », expliquait l'auteur à l'époque. 

 

Et il faut reconnaître que le personnage, simplement habillé par une culotte, est devenu une série populaire, prisée du public, et particulièrement vivante. Bien entendu, il faut souligner que l'ensemble des livres est avant tout critiqué pour des raisons de pudibonderie américaine et de puritanisme, émanant des associations et commissions scolaires américaines. 

 

Par exemple, cite l'ALA, on parle de ce cas, en Pennsylvanie, où un conseil scolaire a fait interdire le livre The Dirty Cowboy, qui raconte comment un cow-boy va prendre son bain annuel. Et une fois lavé, son chien ne le reconnaît pas, et l'empêche de remettre ses vêtements, aussi va-t-il vivre toutes ses aventures nu, avec un simple nuage de poussière pour couvrir ses parties génitales - ou autre chose, comme un joli papillon.

 

Mais la nudité dans ce cas-là a provoqué des colères terribles. 

 

Evidemment, le cas Fifty Shades of Grey : plusieurs établissements ont préféré ne pas stocker ce livre dans leurs étagères, du fait de la réputation sulfureuse de son auteure. Quant à Persepolis, on se souvient que l'Amérique avait dernièrement encore tremblé, à Chicago.

 

Pour les parents d'élèves, le livre comme le film présentaient une société violente, avec un contexte inapproprié pour les élèves. Dave Starck devenu représentant de ces contestataires, estimait que ces oeuvres ne seraient pas tolérables à la télévision ou à la radio. Il évoquait ainsi une page où un homme s'apprête à uriner sur un homme qui vient d'être torturé. « Le livre est tout simplement sexuellement très connoté et particulièrement agressif », expliquait-il en janvier dernier. 

 

Bref, on est encore loin d'arriver à se débarrasser des préjugés. 

 

La liste des 10 ouvrages est la suivante : 

  • Captain Underpants (series), by Dav Pilkey (offensive language, unsuited for age group)
  • “The Absolutely True Diary of a Part-Time Indian,” by Sherman Alexie (offensive language, racism, sexually explicit, unsuited for age group)
  • “Thirteen Reasons Why,” by Jay Asher (drugs/alcohol/smoking, sexually explicit, suicide, unsuited for age group)
  • “Fifty Shades of Grey,” by E. L. James (offensive language, sexually explicit)
  • “And Tango Makes Three,” by Justin Richardson and Peter Parnell (homosexuality, unsuited for age group)
  • “The Kite Runner,” by Khaled Hosseini (homosexuality, offensive language, religious viewpoint, sexually explicit)
  • “Looking for Alaska,” by John Green (offensive language, sexually explicit, unsuited for age group)
  • Scary Stories (series), by Alvin Schwartz (unsuited for age group, violence)
  • “The Glass Castle,” by Jeannette Walls (offensive language, sexually explicit)
  • “Beloved,” by Toni Morrison (sexually explicit, religious viewpoint, violence)