Bookly, nouvelle aventure dans l'édition participative

Clément Solym - 27.03.2012

Edition - Les maisons - crowdfunding - Bookly - Prisma


Les Éditions Prisma et Bookly Éditions lançaient aujourd'hui Bookly.fr un site d'édition participative, qui propose aux lecteurs d'investir la somme de leur choix sur un ouvrage mis à disposition sur la plate-forme.

 

L'expérience n'a rien d'inédit : My Major Company avait repris sa méthode fructueuse pour la musique, qui proposait aux internautes de financer des artistes (voir notre actualitté). La société s'était lancée aux côtés des Éditions XO dans l'édition participative. Cela a donné lieu à la création de My Major Company Books. Et ça n'avait finalement pas donné grand chose.

 

Donner sa chance à tous

 

Bookly a ainsi fait savoir sa volonté de dénicher des talents sans parti pris. N'ayant pas de ligne éditoriale claire, comme une maison d'édition classique, ils déclarent vouloir « donner une chance aux plusieurs millions de Français qui le souhaitent de se faire publier de manière professionnelle » assure Alexandre Billaud, de Bookly Éditions.


 

 

Comment ça marche ?

 

L'auteur doit tout d'abord envoyer son texte à Bookly, qui joue ici un rôle de modérateur. Les textes sont, selon Alexandre Billaud, tous lus sans exception. Puis un extrait du texte est posté à l'attention du public. Si les internautes aiment, ils investissent la somme de leur choix pour l'ouvrage, entre 10 et 500 €.

 

Le projet a quatre mois pour réunir 5000 euros pour la publication du livre au format EPUB ou Kindle sur les principaux sites de vente en ligne (Amazon, Fnac.com, etc.). Si cette première étape est franchie, il reste quelques mois pour réunir 15.000 euros supplémentaires, afin de publier l'ouvrage sous la forme d'un livre imprimé, qu'on pourra trouver en librairie par la suite.

 

Et la rémunération ?

 

L'auteur touche entre 11 % et 15 % du chiffre d'affaire hors taxes issu des ventes, respectivement pour les formats papier et numérique. Les supporters y gagnent aussi, puisque 50 % des recettes liées à la vente des livres seront partagés entre eux. 

 

Plus cosmétique, Bookly propose de citer chacun des supporters dans la page Remerciements du livre final. Jusqu'à fin 2012, on s'engage à reverser 100 % des recettes nettes aux auteurs et aux supporters.

 

Si le projet n'aboutit pas, ne récolte pas les fonds nécessaires, les internautes peuvent récupérer intégralement la somme qu'ils auront investie. Idem pour les auteurs, qui récupèrent tous les droits sur leur oeuvre.

 

Le point de vue d'un auteur

 

Etait également présent lors du lancement un auteur de romans policiers qui avait déjà expérimenté les maisons d'éditions traditionnelles. Chris Nerwiss s'est lancé dans un projet chez Bookly, et espère faire publier son dernier roman, Nouveau Peuple, de la sorte.  « J'ai envie de rencontrer un public plus large. J'écris des polars, un genre trusté par les Anglo-saxons, et je voulais bénéficier d'une promotion plus importante ». A-t-il confiance ? « Le projet a toute ses chances, on est dans le sens de l'histoire ».

 

Le principe du crowdfunding dans l'édition commence donc à faire des émules. Il va de soi que sous couvert de promettre « des droits d'auteur parmi les plus élevés du marché » aux écrivains et « de multiples contreparties » aux supporters, Bookly.fr peut s'avérer être un partenariat particulièrement fructueux pour Bookly Éditions et pour le groupe Prisma, véritable force de frappe de l'entreprise.

 

Le fait de proposer de reverser l'ensemble du chiffre d'affaire aux internautes et aux auteurs apparaît comme un tour de passe-passe destiné à attirer le plus grand nombre d'investisseurs.

 

N'oublions pas que Prisma Média correspond à un porte-feuille de 23 magazines, diffusés chaque année à plus de 220 millions d'exemplaires, et avec plus de 11 millions de visiteurs uniques par mois. Ce gigantesque marché se trouve maintenant dans la position d'investisseur potentiel pour financer l'édition de livres via cette plate-forme... et verser sa dîme à Prisma, qui ne perd pas le nord dans l'histoire.