BookVibe : La prescription de livres via les followers de Twitter

Nicolas Gary - 27.07.2013

Edition - Société - prescription - réseaux sociaux - étagères de livres


Fondée voilà trois ans, la société BookVibe repose sur l'analyse de Big Datas, et le développement d'une technologie permettant d'effectuer des recherches en langage naturel, au travers de fils Twitter. L'idée, jusqu'à présent, était de proposer gracieusement un outil permettant d'exploiter des fils de discussion. Seconde phase de croissance : la commercialisation des données, en servant de moteur de prescription pour les livres. Et vendre aux auteurs, marchands et éditeurs des analyses en temps réel.

 

 

 

 

 

Ramesh Haridas, à l'origine de ce projet, farfouille des millions de gazouillis quotidiens, pour en extraire les données que ses clients souhaitent obtenir. Pour ce faire, une levée de fonds de 2 millions $, auprès de Scott Banister (un des hommes qui avait participé au financement de Paypal) et d'Alan Braverman, a rendu l'aventure possible. 

 

Le travail de prescription par les tweets prend ici une nouvelle orientation, avec un filtre très spécifique. En passant en revue quelque 500 millions de gazouillis quotidiens, la machine en détecte 100.000 qui ont trait à des ouvrages, ou fournissent des commentaires favorables ou non, avec un taux de 96 % de réussite. Sur sa page d'accueil, BookVibe assure avoir analysé 10 milliards de gazouillis pour cibler les conversations portant exclusivement sur le livre. 

 

Parmi ses clients, un revendeur national sur le territoire américain, assure la firme, ainsi qu'une société placée dans la télévision - qui resteront anonymes, contrat oblige. Bien entendu, cette méthode de détection pourrait être utilisée pour d'autres thématiques, voyages, films, recettes de cuisine, etc. Mais pour l'heure, seuls les livres et les films sont capturés, avec la capacité de cerner « des impressions sur un livre », mais également « si quelqu'un a déjà lu un livre ». Impressionnant, et... inquiétant, évidemment. 

 

 

"Les éditeurs n'ont pas de données sur les lecteurs.

Amazon ne les partage pas. Nous, nous pouvons leur dire qui sont leurs lecteurs, ce qu'ils lisent et sur quels appareils ils le font"

 

 

En raison de la croissance d'auteurs autoédités, BookVibe considère que ses outils servent autant de promotion que d'analyse du public. En outre, « les éditeurs n'ont pas de données sur les lecteurs. Amazon ne les partage pas. Nous, nous pouvons leur dire qui sont leurs lecteurs, ce qu'ils lisent et sur quels appareils ils le font ». Ainsi, un utilisateur de Kindle sera rapidement identifié, ses listes de lectures définies, et l'éditeur pourrait se servir de l'instrument pour cibler le Twittos, afin de lui faire des offres spécifiques. 

 

La société s'appuie finalement sur une forme d'intelligence artificielle pour distinguer la personne qui évoque un livre, de celle qui en fournit une appréciation. Selon l'option que l'on choisit, il est possible de lister l'ensemble des messages qui sont relatifs au livre et ses commentaires. Depuis le milieu de la semaine, l'outil compte 500.000 titres référencés dans sa base de données, qui sont évoqués sur les internautes. 

 

Pour s'en servir, il suffit de se connecter avec son compte Twitter, bien entendu. Une liste très standard d'ouvrages évoqués dans des tweets est présentée, mais on peut également explorer, selon différentes formes de Top, les auteurs, les titres les plus populaires, selon certaines thématiques, technologie, journalistes, etc. Le tout est complété par des liens d'affiliation vers Amazon, pour assurer la vente rapide, en papier ou numérique.

 

 

 

 

Pour le moment, le service n'est qu'en version bêta, et après quelques tests, il faut se rendre à l'évidence, et accepter : ça marche plutôt bien. De là à en faire un outil incontournable, il y a tout de même un monde : la technologie est certes efficace, mais elle ne fait finalement que lister des titres, selon une certaine forme de popularité. Une prochaine mise à jour intégrera également les comptes Facebook, pour doubler les recommandations par un autre réseau. 

 

Les recommandations n'en sont pas réellement : autant Amazon s'inspire de ce que l'on achète et croise avec les données des autres acheteurs, autant Goodreads ou Babelio font des croisements d'algorithmes pour tenter de cerner réellement des thématiques et des sujets, en vertu de critères sociaux d'échange. Ici, on ne propose qu'un référencement des titres dont les internautes parlent. Cela fait certes ressortir les ouvrages, et peut se targuer de prescription en ce sens. 

 

Toutefois, quelques options sont appréciables, comme la possibilité de consulter les bibliothèques de personnalités, et de rentrer un peu plus dans leurs intimités livresques. Enfin, une lettre d'information hébdomadaire viendra rappeler à celui qui s'est inscrit ce que les gens que l'on suit ont pu dire au sujet des livres...

 

A découvrir, dans tous les cas.