Borders organise son retour sur le marché

Clément Solym - 03.02.2011

Edition - Economie - borders - librairie - finance


 Le groupe Borders, deuxième plus grand détaillant de librairies aux Etats-Unis, a annoncé hier qu’il avait pleinement l’intention de rester sur le marché, malgré des rapports affirmant que le dépôt de bilan n’est pas loin…

« Notre but est de renforcer Borders sur le long terme », confie le porte-parole du groupe Mary Davis. « En ce moment, Borders est en pleine discussion avec différentes parties, comprenant des prêteurs, des vendeurs, des propriétaires et d'autres associés, afin de déterminer la meilleure voie à prendre pour faire avancer le groupe avec sa stratégie d’entreprise ».

Les finances du groupe sont en chute libre

Bloomberg News, citant une source interne anonyme, a annoncé mardi soir que Borders pourrait déposer une protection contre la faillite dès la semaine prochaine et fermer 150 magasins. Les actions Borders ont dégringolé de 47% cette semaine pour clôturer un nouveau plus bas de 52 semaines de 0,39$ ; 12 avril dernier, les actions se négociaient 3,03$ chacune.

« Border comprend l’intérêt médiatique de sa situation, mais ne commentera pas les résultats théoriques, suggérés ou invérifiés de ce processus », a déclaré la porte-parole. Le géant du livre a néanmoins annoncé dimanche qu’il reportait les paiements à ses fournisseurs et autres créanciers ce mois-ci afin de restructurer ou refinancer ses dettes.

Cela s’ajoute aux révélations faites le mois dernier selon lesquelles le groupe était à la recherche de nouvelles sources d’argent, après que les prêteurs aient coupé sa capacité d’emprunt. Jeudi dernier, le groupe annonçait l’engagement de la banque Capital GE à lui prêter 550 millions de dollars, qui lui donnera une « flexibilité financière » et « assez d’argent pour réorganiser son modèle économique », permettant ainsi de réanimer la marque.

Une des conditions pour obtenir ce prêt était la fermeture par Borders d’un nombre indéfini de magasins sous-performants, en plus des 100 déjà fermés depuis janvier. Selon Davis, Borders possède désormais 507 hypermarchés et 169 plus petits, comprenant Waldenbooks, Borders Express et d’autres, ainsi que 9 magasins dans le nord-est de l’Ohio.

« Concurrencer efficacement sur un nouveau terrain de jeu »


Les librairies traditionnelles en général, et Borders en particulier, ont été mis à mal par les défis sans précédent dans lesquels ils se sont lancés pour bâtir leur business, et notamment la difficulté de rassasier l’appétit croissant des utilisateurs d’iPad et d’ebooks, qui prennent le pas sur le livre papier. « Le site de Borders est arrivé tard sur la marché du commerce en ligne, ce qui leur a fait perdre une importante part de marché des livres (et de la musique) face à Amazon », a déclaré l’expert Robert Antall, un associé du Consumer Centric Consulting LLC à Shaker Heights.

Coûts supplémentaires : les enseignes Waldenbooks de Borders ont été touchées par le déclin des ventes et de la fréquentation, puis par l’arrivée d’iTunes, qui a fait chuter vertigineusement les ventes de musique. « Peu d’entreprises peuvent survivre aux changements spectaculaires survenus dans la musique et les livres au cours des 10 dernières années », poursuit Antall, « Borders n’a que tardivement riposté et tenté de se rattraper pendant un longue période. Sa survie dépend de sa capacité à concurrencer efficacement un nouveau terrain de jeu ».